Utilisation du rituximab et réaction d’hypersensibilité : une étude à partir des données du SNDS - 18/12/22
, L. Hoisnard 2, E. Sbidian 3, M. Zureik 1Riassunto |
Introduction |
Le rituximab (RTX) est un anticorps monoclonal utilisé en hématologie ou dans certaines maladies inflammatoires. Des produits bio-similaires du RTX sont arrivés sur le marché en octobre 2017. Depuis 2019, les centres régionaux de pharmacovigilance ont commencé à remonter des cas d’hypersensibilité sévère suite à des injections de bio-similaire du RTX, notamment au moment du switch princeps vers bio-similaire. La présente étude avait pour objectif de déterminer si l’utilisation de bio-similaires du RTX présentait un surrisque de chocs anaphylactiques ou réactions sériques par rapport au produit de référence, à l’initiation du traitement, au switch, et au cours du temps.
Matériels et méthodes |
Nous avons utilisé les données du Système national de données de santé pour identifier les utilisateurs de RTX entre le 1er octobre 2017 et le 31 décembre 2021. Une première cohorte était constituée de patients ayant initié leur traitement par RTX ; une seconde cohorte était constituée de patients switcheurs, appariés à 1 ou 2 patients toujours sous produit de référence sur l’âge, le sexe, le nombre d’injections passées et la pathologie. L’événement d’intérêt a été défini comme une hospitalisation pour un choc anaphylactique ou une réaction sérique à la suite d’une injection de RTX. Nous avons estimé le surrisque éventuel dû à l’utilisation d’un bio-similaire au moment de la première injection (initiation ou injection du switch) par une régression logistique multivariée, et au cours du temps par un modèle de Cox avec exposition dépendante du temps.
Résultats |
Au total, 91 894 initiateurs ont été inclus dans la première cohorte, dont 17 605 (19 %) avec le produit de référence et 74 289 (81 %) avec un bio-similaire. À l’initiation, 86 (0,49 %) et 339 (0,46 %) cas d’hypersensibilité ont été identifiés respectivement dans le groupe princeps et le groupe bio-similaire. L’odds ratio ajusté (ORa) de l’exposition au bio-similaire associé à l’événement d’intérêt était de 1,04 [0,80–1,34]. Le Hazard ratio ajusté (HRa) entre l’exposition au cours du temps au bio-similaire versus le produit de référence était de 1,15 [0,93–1,42]. Au total, 17 123 switcheurs ont pu être appariés à 24 659 non-switcheurs. Au switch, 28 (0,11 %) et 14 (0,08 %) cas d’hypersensibilité ont été identifiés respectivement dans le groupe non-switch et le groupe switch. L’ORa de l’exposition au bio-similaire associé à l’événement d’intérêt était de 0,74 [0,39–1,42]. Le HRa entre l’exposition au cours du temps au bio-similaire versus le produit de référence était de 1,06 [0,70–1,62]. Nous avons retrouvé un effet protecteur de la prise de corticoïdes en amont de l’injection, un surrisque chez les patients ayant des antécédents d’événement et les patients jeunes, et une diminution du risque d’événement avec le nombre d’injections précédentes. Les résultats des analyses de sensibilité étaient cohérents avec l’analyse principale.
Conclusion |
Notre étude portant sur la quasi-exhaustivité de la population française ne permet pas de conclure à une association entre exposition aux bio-similaires du RTX et hospitalisation pour choc anaphylactique ou réaction sérique à la suite de l’injection, aussi bien à l’initiation, au switch, et au cours du temps.
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Vol 89 - N° S1
P. A156 - dicembre 2022 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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