Atteinte des ongles au cours du lupus érythémateux systémique : étude épidémio-clinique et dermoscopique - 16/06/22
Riassunto |
Introduction |
L’atteinte unguéale au cours du lupus est polymorphe mais peu décrite. Elle peut avoir une signification diagnostique notamment à travers l’utilisation de la dermoscopie.
Patients et méthodes |
Nous avons mené une étude prospective au service de dermatologie, en collaboration avec le service de médecine interne, entre août 2020 et septembre 2021 (15 mois), incluant les patients suivis pour lupus systémique confirmé selon les critères ACR.
Résultats |
Seize patientes lupiques ont été incluses, d’âge moyen de 41 ans [25 ans–66 ans]. La durée d’évolution moyenne de la maladie était de 7 ans [4 mois–23 ans]. Huit patientes étaient en poussée au cours de l’examen. Le score de SLEDAI (attestant l’activité de la maladie) moyen était à 12. La dystrophie cuticulaire était l’anomalie la plus retrouvée (13 cas), suivie par l’érythème periunguéal (9 cas) avec 1 cas d’érythème atrophique associé à des squames rappelant l’aspect de lupus discoïde et par l’onycholyse distale (7 cas). Nous avons aussi trouvé une accentuation du relief longitudinal (4 cas), une leuconychie ponctuée (3 cas), un cas d’onychorrhexie et un cas de mélanonychie pluridactylique chez une patiente lupique de 43 ans, de phototype IV. Une patiente présentait un aspect de half and half nail, associé à une poussée rénale sévère de sa maladie. Une association était notée entre l’onycholyse et l’activité de la maladie lupique (p=0,002). La dermoscopie periunguéale a objectivé des microhémorragies cuticulaires (6 cas) et une hémorragie en flammèche dans 1 cas. Une dilatation des capillaires était observée dans 10 cas avec une distribution hétérogène dans 4 cas. Un patron vasculaire normal était noté dans 5 cas. Concernant l’atteinte systémique, nous avons recensé une atteinte articulaire, rénale et hématologique (10 cas chacune), une atteinte neuropsychique (6 cas) et une péricardite (5 cas). Une association statistique entre le patron vasculaire pathologique et l’atteinte multisystémique (définie par 2 atteintes d’organe en dehors de la peau) était mise en évidence (p=0,041).
Discussion |
Notre étude affirme que l’atteinte unguéale au cours du lupus est non spécifique. Elle touche toutes les structures unguéales et peut mimer une onychomycose ainsi que d’autres pathologies inflammatoires de l’ongle. Certes, elle peut entraîner une altération de la qualité de vie, à cause du retentissement fonctionnel et esthétique, mais aussi par la douleur chronique qu’elle peut engendrer. Dans notre échantillon, nous avons établi une association statistiquement significative de l’atteinte unguéale avec l’activité de la maladie et l’atteinte multisystémique. Ceci est en accord avec les données de la littérature. La dermoscopie constitue un moyen accessible pour étudier les anomalies de la microcirculation periunguéale au cours du lupus systémique. Elle permet aussi de suspecter une atteinte systémique et de contrôler l’efficacité du traitement vu l’amélioration de l’atteinte unguéale par le traitement de la maladie lupique.
Conclusion |
En conclusion, il est primordial d’inciter à un examen dermatologique et particulièrement unguéal chez les patients présentant un lupus érythémateux systémique afin d’en améliorer la prise en charge.
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Vol 43 - N° S1
P. A144-A145 - Giugno 2022 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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