Intérêt du scanner thoraco-abdomino-pelvien dans le dépistage des cancers occultes au cours de la maladie thromboembolique veineuse non provoquée - 22/05/17
Riassunto |
Introduction |
Le lien entre maladie thromboembolique veineuse (MTEV) et cancer a été démontré depuis plusieurs années. Ainsi les patients atteints de cancer ont un risque 7 fois plus important de développer une MTEV par rapport à une population témoin. Une revue a estimé que la prévalence des cancers occultes chez les patients atteints de MTEV idiopathique était de l’ordre de 10 % [1 ]. Cependant les études prospectives récentes font état d’un risque inférieur à 5 % [2 ]. La stratégie de dépistage de ces néoplasies infracliniques est encore débattue. Ainsi, l’essai SOME n’a pas montré de supériorité d’une stratégie de dépistage dite approfondie comprenant la réalisation d’une tomodensitométrie abdomino-pelvienne (TAP) par rapport à une stratégie limitée [3 ]. La réalisation d’un scanner TAP est depuis plusieurs années l’examen de référence utilisé dans notre centre pour rechercher les cancers occultes chez les patients hospitalisés pour une MTEV idiopathique. Ainsi nous avons effectué une étude visant à évaluer l’intérêt de cet examen chez tous les patients hospitalisés pour une MTEV idiopathique.
Patients et méthodes |
Tous les dossiers médiaux des patients hospitalisés pour une MTEV (thrombose veineuse profonde des membres inférieurs et/ou embolie pulmonaire) entre 2005 et 2014 dans le service de médecine interne du CHU de Rouen ont été étudiés. Les cas des patients présentant un épisode thrombotique non provoqué ont été retenus et analysés.
Résultats |
Entre 2005 et 2014, 977 patients ont été hospitalisés pour un épisode de MTEV. Les patients qui présentaient : une néoplasie connue (33,7 %), un facteur favorisant (40 %) ou n’ayant pas eu de scanner TAP (7,67 %) ont été exclus de l’étude. Ainsi, 456 dossiers ont finalement été retenus dans l’analyse finale. L’âge moyen dans cette population était de 67,7±16,3 ans. Un cancer a été diagnostiqué dans l’année qui a suivi l’épisode de MTEV chez 83 (18,3 %) malades. Parmi ces patients 35 (42,1 %) avaient un examen clinique normal et pour 18 (21,6 %) d’entre eux le bilan de paraclinique de première intention était également rassurant. Ainsi la stratégie dite limitée de dépistage était faussement normale pour 18 malades. Parmi ces patients, le scanner TAP a permis de trouver un cancer pour 16 (19,2 %) d’entre eux soit 3,5 % de cancer occulte sur l’ensemble de la population. En analyse univariée l’âge, le sexe masculin, le tabagisme et la TVP bilatérale étaient associés au diagnostic de cancer alors qu’en analyse multivariée seul l’âge (OR=1,03 [1,01–1,06] p<0,001), le tabagisme (OR=2,78 [1,23–6,32] p=0,015) et la TVP bilatérale (OR=3,37 [1,69–6,69] p<0,001) étaient associés au cancer. Dans le sous-groupe de patient atteint de TVP bilatérale, le scanner mettait en évidence 10,64 % de cancers occultes contre 2,68 % dans le reste de la population (p=0,017).
Conclusion |
La prévalence de cancer occulte diagnostiquée chez des patients hospitalisés pour une MTEV idiopathique est plus élevée que dans les études prospectives récentes qui incluaient des malades plus jeunes et souvent ambulatoires. L’intérêt du dépistage systématique par un scanner TAP paraît pourtant faible. Cependant, l’importance du risque de cancer des patients atteints de TVP bilatérale semble justifier la réalisation systématique d’un TDM TAP.
Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.Mappa
Vol 38 - N° S1
P. A50 - Giugno 2017 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
L'accesso al testo integrale di questo articolo richiede un abbonamento.
Già abbonato a @@106933@@ rivista ?