Thromboses veineuses inaugurales d’un syndrome myéloprolifératif : à propos de 20 cas - 22/05/17
Riassunto |
Introduction |
Les syndromes myéloprolifératifs (SMP) sont un groupe de maladies caractérisées par une prolifération clonale et maligne d’une ou de plusieurs lignées cellulaires myéloïdes. Ils regroupent la maladie de Vaquez (MV), la thrombocytémie essentielle (TE) et la myélofibrose primitive (MFP). L’identification de la mutation V617F de la protéine JAK2 a été un événement majeur pour leur prise en charge. Elle est présente dans 95 % des MV, 50 à 70 % des TE et environ 50 % des MFP. Le lien entre les SMP et la survenue de thrombose est connu, cependant, les facteurs de risque de ces thromboses sont mal identifiés, en particulier pour les thromboses inaugurales du SMP.
Matériels et méthodes |
Nous avons réalisé une étude descriptive, rétrospective, de patients chez qui le diagnostic de SMP a été réalisé à la suite d’une thrombose veineuse. Les patients ont été répertoriés soit suite à la réalisation d’un bilan de thrombophilie, soit suite à la découverte d’une anomalie de l’hémogramme. Les données épidémiologiques, cliniques et paracliniques de 20 patients sont présentées.
Résultats |
Vingt patients ont été inclus, 11 hommes et 9 femmes, l’âge moyen au diagnostic était de 53 ans (25–68 ans). Tous avaient une mutation JAK2 V617F positive ainsi qu’une thrombose veineuse inaugurale du SMP. Huit patients (40 %) présentaient une MV, 9 patients (45 %) une TE, 3 patients (15 %) une MFP. Concernant la localisation de la thrombose veineuse, 10 patients (50 %) avaient présenté une thrombose digestive (4 thromboses porte, 3 Budd–Chiari, 2 thromboses spléniques, 1 thrombose mésentérique), 4 patients (20 %) une thrombose veineuse profonde des membres inférieurs (dont une compliquée d’une embolie pulmonaire), 3 patients (15 %) une thrombophlébite cérébrale, 2 patients (10 %) une thrombose veineuse superficielle des membres inférieurs, et 1 patient (5 %) une thrombose hémorroïdaire. Douze patients (60 %) présentaient une anomalie de l’hémogramme lors de l’évènement thrombotique. Seize patients (80 %) ne présentaient aucun autre facteur de risque de thrombose veineuse. Parmi les 4 autres, 1 patiente était suivie pour un cancer du sein, 1 patient avait un contexte d’alitement postopératoire, 1 autre était suivi pour un lymphome non hodgkinien, et le dernier présentait un facteur V Leiden à l’état hétérozygote. La charge mutationnelle de JAK2 n’était pas corrélée à la gravité de la thrombose, car parmi les 13 patients ayant présenté une thrombose veineuse profonde « grave » (cérébrale ou digestive), 9 patients (69 %) présentaient un taux d’allèles mutés<30 %. Tous les patients ont bénéficié d’un traitement anticoagulant. Quinze patients (75 %) ont été traités par cytoréducteur. Aucune récidive de thrombose n’a été observée dans la série.
Discussion |
Les patients ont tous présenté une thrombose veineuse inaugurale ayant fait diagnostiquer un SMP avec une mutation JAK2 positive. Pour 40 % des patients, il n’existait pas d’anomalies de l’hémogramme au moment du diagnostic, ce qui souligne l’intérêt de la recherche de cette mutation dans un bilan de thrombose de localisation atypique, même sans arguments biologiques pour un syndrome myéloprolifératif. Borowczyk et al. ont montré que la présence de la mutation JAK2 V617F était un facteur de risque indépendant de thrombose veineuse. Dans notre série, il n’existait pas de corrélation entre la charge mutationnelle de JAK2 et la gravité de la thrombose veineuse. Cela soulève l’hypothèse d’une responsabilité directe de la mutation JAK 2, qui selon la littérature, interviendrait directement dans l’activation des plaquettes et des leucocytes, et pourrait indirectement provoquer une activation endothéliale pro-thrombogène. Dans une série récente de 587 patients de la Mayo Clinic, 25 % des patients avaient présenté une thrombose, veineuse ou artérielle, préalablement ou au diagnostic du SMP et 22 % ont présenté une thrombose au cours du suivi. Les facteurs de risque sont encore mal connus. Pour les thromboses veineuses, il s’agit souvent de thromboses de localisation atypique comme les thromboses digestives ou cérébrales.
Conclusion |
Bien que le lien entre les SMP et le risque de thrombose soit bien établi, les caractéristiques des thromboses inaugurales sont encore mal connues. Notre étude souligne l’intérêt du diagnostic précoce de ces patients et de la recherche de la mutation JAK2 V617F, notamment en cas de survenue d’une thrombose veineuse digestive ou cérébrale. La prise en charge thérapeutique de ces patients reste fondamentale en raison du risque important de récidive thrombotique.
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Vol 38 - N° S1
P. A50-A51 - Giugno 2017 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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