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Intoxication aiguë à l’héroïne et à la méthadone : neuropathie et rhabdomyolyse sévère sans atteinte rénale - 18/08/16

Doi : 10.1016/j.toxac.2016.05.042 
P. Berger , O. Baudouin, L. Poiron
 Réanimation polyvalente, centre hospitalier, Châlons-en-Champagne, France 

Auteur correspondant.

Riassunto

Introduction

Les rhabdomyolyses et neuropathies sont décrites lors d’intoxications aux stupéfiants. Nous décrivons le cas d’une intoxication aiguë mixte (héroïne et méthadone) ayant entraînée une tétraparésie et une rhabdomyolyse non traumatique sévère, sans atteinte de la fonction rénale, d’évolution favorable.

Cas clinique

Un homme de 34ans est adressé aux urgences après ingestion volontaire de 6g de méthadone et sniff de 15g d’héroïne. À son admission, hormis un myosis, il n’est retrouvé aucun trouble neurologique. Les examens hémodynamique et respiratoire sont normaux. Le bilan biologique d’admission est normal, les CPK sont à 125 UI/L. Progressivement, s’installera un état de tétraparésie avec atteinte des muscles respiratoires et, biologiquement, une acidose respiratoire (pH : 7,22 ; PCO2 : 64,5mmHg) ainsi qu’une rhabdomyolyse (CPK : 184 200 UI/L). Le malade est admis dans le service de réanimation où il arrive calme, non algique, tétraparétique avec, cliniquement, une hypoventilation alvéolaire. Est alors débutée une ventilation non invasive (VNI) avec, parallèlement, une hydratation (sérum physiologique) et une alcalinisation (NaHCO3 à 1,4 %). L’évolution neurologique sera marquée par une récupération neurologique en particulier respiratoire permettant l’arrêt de la VNI dès j1. Biologiquement, à j1, les CPK vont atteindre 185 000 UI/L avec une fonction rénale qui restera normale (urée : 3,38mmol/L ; créatinine : 65μmol/L ; MDRD : 140mL/min/1,73m2). L’évolution sera favorable par la suite permettant la sortie du malade à j6 avec un examen neurologique normal et un bilan biologique normalisé.

Discussion

L’abus de drogues dites « dures » telles que l’héroïne et la cocaïne est une des étiologies connues de rhabdomyolyse qui peut être sévère. Elle est alors le plus souvent associée à une insuffisance rénale aiguë qui fait suite à l’obstruction tubulaire par la myoglobine et nécessite le plus souvent le recours à l’hémodialyse. Plus rarement sont décrites les rhabdomyolyse suite à l’abus de méthadone. De même, il est décrit dans la littérature des atteintes neurologiques suite à la prise d’héroïne mais peu d’articles rapportent ces atteintes après une intoxication à la méthadone. Dans notre cas, il est difficile de faire la part des choses entre l’intoxication à l’héroïne et celle à la méthadone, même si les 2 molécules ont joué un rôle tant dans la tétraparésie qu’a présenté le malade que dans la rhabdomyolyse. Par ailleurs, il est intéressant de noter que malgré cette rhabdomyolyse, pour le moins sévère, notre malade a conservé une fonction rénale normale et le recours à la dialyse n’a pas été nécessaire.

Conclusion

L’abus de méthadone peut, comme d’autres narcotiques tels que l’héroïne, être une cause de rhabdomyolyse non traumatique associée éventuellement à une insuffisance rénale aiguë. L’association méthadone–héroïne peut entraîner une tétraparésie avec atteinte des muscles respiratoires, spontanément résolutive même si actuellement, au regard de la littérature, on ne peut incriminer l’une ou l’autre de ces drogues, voir l’association des deux.

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Vol 28 - N° 3

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