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Incidence de l’hypothermie et de l’inconfort thermique en salle de surveillance post-interventionnelle - 07/09/15

Doi : 10.1016/j.anrea.2015.07.481 
Benoît Guillou 1, , Jean-Louis Gérard 2, Georges Daccache 2
1 DAR, hôpital privé, Saint-Martin 
2 DAR, CHU de Caen, Caen, France 

Auteur correspondant.

Resumen

Introduction

En salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI), la température des patients n’est pas mesurée aussi régulièrement que les autres paramètres vitaux. L’hypothermie modérée induite par l’anesthésie est un phénomène fréquent aux mécanismes et conséquences largement décrits [1]. Pourtant, peu d’études se sont intéressées à l’hypothermie dans la phase postopératoire immédiate. L’objectif de notre étude est de déterminer l’incidence de l’hypothermie et de l’inconfort thermique en SSPI.

Patients et méthodes

Avec l’accord du CPP, nous avons réalisé une étude observationnelle monocentrique au sein d’un bloc pluridisciplinaire. Du 2 au 15 janvier 2012, la température de tous les patients majeurs, opérés sous anesthésie générale et surveillés en SSPI, était mesurée à l’aide de thermomètres tympaniques à infrarouges (Genius 2®, Covidien®, Dublin, Irlande) à l’arrivée en SSPI (T0), à 30minutes (T30) et au moment de leur départ (TD). Au moment du départ, le confort thermique des patients était évalué par 3items (bon/trop chaud/trop froid). L’hypothermie était définie par une température centrale inférieure à 36,0°C ou 36,5°C chez les patients coronariens. Les caractéristiques démographiques et les données peropératoires étaient également recueillies sur un document dédié par l’infirmier en charge du patient. Les données sont exprimées en nombre (%), moyenne (±écart-type) ou médiane [25e–75e percentiles] selon leur distribution. Les facteurs associés d’hypothermie et d’inconfort ont été recherchés par odds ratios ou Chi2. p<0,05 était significatif.

Résultats

Au total, 388patients âgés de 61 [47–70]ans, dont 171 (44 %)hommes, ont été analysés. À T0, 107 (28 %), à T30 133 (34 %) et à TD 75 (19 %)patients avaient une hypothermie. Durant leur séjour en SSPI, 68 (24 %)patients qui n’étaient pas hypothermes à l’arrivée le sont devenus secondairement, 57 (15 %) à T30 et 11 (3 %) à TD. Le confort thermique était ressenti bon par 346 (88 %)patients, l’inconfort « trop froid » concernait 37 (11 %)patients, « trop chaud » 5 (1 %)patients. Les chirurgies plastique et urologique étaient associées à l’hypothermie à T0 (OR 1,6 IC95 % [1–2,5] p=0,04 et 1,9 IC95 % [1,1–3,1] p=0,01 respectivement). Il n’y avait pas de relation entre l’hypothermie et la sensation de froid. Les femmes déclaraient significativement plus que les hommes avoir eu trop froid (15 % contre 6 %, p=0,009).

Discussion

Dans notre étude plus du quart des patients a une hypothermie à l’arrivée en SSPI. Les chirurgies plastiques et urologiques semblent favoriser cette situation. L’incidence de l’hypothermie augmente après 30minutes et à la sortie de la SSPI un patient sur 5 a encore une hypothermie. La sensation d’inconfort thermique n’étant pas reliée à l’hypothermie, ce qui est observé par d’autres études [2], le seul moyen de détecter et de corriger cette hypothermie secondaire est la mesure systématique et régulière de la température. D’autres études sont nécessaires pour préciser les mécanismes de cette hypothermie secondaire et les moyens de la prévenir.

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Vol 1 - N° S1

P. A322 - septembre 2015 Regresar al número
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