Est-il possible de réduire les inégalités de santé au grand âge ? - 10/07/19
Is it possible to reduce health inequalities in old age?
RÉSUMÉ |
L'analyse des données recueillies prospectivement par l'équipe médicale du CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire — Genève) de 1984 à 2008 sur 2 040 collaborateurs, maintenant retraités ou décédés explique notre intérêt sur l'impact des inégalités socio-économiques, la profession, les habitudes de vie et l'accumulation des facteurs de risque sur la santé et la survie. Ces inégalités se traduisent par d'importantes différences d'espérance de vie atteignant plusieurs décennies entre pays riches et pauvres (France vs. Swaziland), mais aussi, dans un même pays (USA), la même ville (Glasgow), ou la même entreprise (CERN), au sein de laquelle les employés bénéficient des mêmes facilités d'accès aux soins. Il apparaît que les classiques facteurs de risque cardio- et neuro-vasculaires (tabagisme, hypertension artérielle, dyslipidémie) interviennent en association étroite avec les conditions socio-économiques, l'intelligence, l'éducation, les émotions personnelles ainsi que la responsabilité/complexité professionnelle. L'intrication de ces différents facteurs individuels facilite ou protège des événements coronariens. Ces constatations sont tout aussi vraies pour la pathologie démentielle, dont les facteurs de risque modifiables à mi-vie (tels qu'obésité, hypertension artérielle et hypercholestérolé- mie), méritent d'être intégrés dans le contexte de vie psycho-socio-économique. Celui-ci façonne la réserve cérébrale dont l'impact est majeur sur la survenue et les manifestations cliniques de la maladie démentielle au grand âge. Ainsi, il apparaît avec force qu'à côté des styles de vie et des facteurs de risque, l'un des plus importants déterminants de la santé est l'environnement socio-économique qui impose souvent les styles et habitudes de vie et détermine l'accès aux soins.
El texto completo de este artículo está disponible en PDF.SUMMARY |
Analysis of prospective data collected between 1984 and 2008 by the CERN medical team (European Centre of Nuclear Research, Geneva) concerning 2040former employees who were retired or had died stimulated our interest on the impact of inequalities in socioeconomic conditions, employment, lifestyle and classical risk factors on health and life expectancy. Such inequalities explain differences in life expectancy, potentially reaching several decades, between rich and poor countries (France vs Swaziland), but also within a given country (USA), a given city (Glasgow) or even a given enterprise (CERN) where all employees have the same level of healthcare insurance and access to treatment. Classical cardiovascular and neurovascular risk factors (smoking, arterial hypertension and lipid disorders) interact with socioeconomic status, intelligence, education, emotions and job responsibility/complexity, precipitating or preventing cardiovascular events. The same is true of dementia, for which midlife risk factors (obesity, arterial hypertension and hypercholesterolemia) should be considered in the psychosocioeconomic context, which influences cognitive reserves and thus affects the risk and severity of dementia in old age. Thus, in addition to lifestyle and classical risk factors, socioeconomic status appears as a major health determinant, by imposing behaviors and habits and by determining access to healthcare.
El texto completo de este artículo está disponible en PDF.Mots-clés : Vieillissement, Facteurs de risque, Maladie des artères coronaires, Maladie d'Alzheimer, Environnement social, Conditions sociales, Qualité de vie
Key-words (Index medicus) : Aging, Risk factors, Coronary artery disease, Alzheimer disease, Social environment, Social conditions, Quality of life
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêt en relation avec le contenu de cet article Tirés à part : Professeur Jean-Pierre Michel, même adresse. |
Vol 196 - N° 1
P. 193-199 - janvier 2012 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.