Fièvre chez l'enfant
- Conduite à tenir- Critères d'hospitalisation- Complications de la fièvre
Afssaps 2005
La fièvre est définie par une température centrale supérieure ou égale à 38 °C. Il existe différentes méthodes de mesure de la température. La voie rectale reste la méthode de référence. En dépistage, on utilisera plutôt la voie axillaire chez le nourrisson et la voie tympanique chez l’enfant.
Conduite à tenir
Avant 3 mois
Il s'agit le plus souvent d'une infection virale, mais cela doit rester un diagnostic d'élimination et il faut toujours de principe éliminer une infection bactérienne sévère (méningite, septicémie, ostéoarthrite, pneumopathie, pyélonéphrite, etc.) en réalisant un examen clinique complet et un bilan infectieux.
 Avant 1 mois
• Hospitalisation systématique en cas de fièvre (risque d'infection materno-fœtale +++).
• Débuter une triple antibiothérapie : céphalosporine de 3e génération, céfotaxime (CLAFORAN) : 200 mg/kg/j en 3 inj. IVD ; aminopénicilline, amoxicilline (CLAMOXYL) 200 mg/kg/j en 3 inj. IVDL ; aminoside, nétilmicine (NÉTROMICINE) : 6 mg/kg/j en 1 IVL 30 min. Si l'analyse du LCR est normale, on peut passer à une dose non méningée de 100 mg/kg/j en 3 fois pour les 2 premiers antibiotiques.
Réévaluation du bilan infectieux à H24-H48 et adaptation du traitement selon les résultats sanguins et bactériologiques.
 Entre 1 et 3 mois
• Hospitaliser et débuter sans tarder, en cas de mauvaise tolérance, une antibiothérapie (en l'absence d'orientation et en l'absence de méningite) par céphalosporine de 3e génération, ceftriaxone (ROCÉPHINE) : 50 mg/kg/j en 1 inj. IVD ; aminoside, nétilmicine (NÉTROMICINE) : 6 mg/kg/j en 1 IVL 30 min.
• Si le nourrisson n’a pas d’antécédent pathologique, un examen clinique rassurant (pas d’infection évidente, comportement normal) et un bilan biologique négatif, il pourra être renvoyé à domicile à condition d'être bien surveillé et d’être systématiquement revu après 24 h avec le résultat des cultures.
Chez le nourrisson > 3 mois et l'enfant
 Si la fièvre est mal tolérée
• Rechercher une infection bactérienne sévère.
• Hospitalisation + bilan complémentaire :
  • NFS, hémoculture, CRP ± procalcitonine, fibrinogène, ECBU ;
  • bilan adapté au contexte clinique : radio de thorax, PL, goutte épaisse.
Débuter une antibiothérapie par céphalosporine de 3e génération + aminoside (cf. entre 1 et 3 mois).
 Si la fièvre est bien tolérée
• Antibiothérapie adaptée en cas de foyer clinique ou aux examens orientés par le contexte (radio de thorax, ECBU, etc.).
• En l'absence d'étiologie évidente avec état général conservé, la fièvre est probablement d'origine virale : pas d'antibiothérapie ; l'enfant sera revu 48 ou 72 h plus tard en cas de persistance de la fièvre (la réalisation d’un bilan biologique sera alors systématique).
Le traitement symptomatique de la fièvre a comme seul objectif d’améliorer le confort de l’enfant. Il n’a en effet jamais été prouvé qu’il diminuait l’incidence des complications.
Mesures physiques 
• Découvrir l'enfant, ne pas surchauffer la pièce.
• Augmenter les apports hydriques.
Le refroidissement externe souvent préconisé ne se justifie qu’en cas d’hyperthermie majeure engageant le pronostic vital, notamment chez un nourrisson déshydraté et surcouvert donc ne pouvant assurer sa thermorégulation. Dans les autres cas il est inutile car il ne modifie pas le point de contrôle hypothalamique de la température corporelle.
Traitements médicamenteux 
Les traitements médicamenteux abaissent le point de contrôle hypothalamique de la température corporelle.
Antipyrétique, paracétamol (DOLIPRANE) : 60 mg/kg/j en 4 à 6 prises per os ou rectales.
Antipyrétique, acétylsalicylate de lysine (ASPÉGIC) : 60 mg/kg/j en 4 à 6 prises per os.
Antipyrétique, ibuprofène (ADVIL) : 20 à 30 mg/kg/j (dose poids/6 h per os de la suspension buvable).
• En première intention, utilisation d'une monothérapie (plutôt le paracétamol car moins d’effets secondaires). L’adjonction d'un autre médicament reste possible (ASPÉGIC ou ADVIL) en alternance si le paracétamol ne suffit pas. Une bithérapie d’emblée ne se justifie pas. L’aspirine est de moins en moins utilisée dans cette indication du fait du risque de syndrome de Reye décrit avec cette molécule dans certaines viroses de l’enfant, notamment en cas de varicelle ou de grippe au cours desquelles elle est même maintenant contre-indiquée.
• En cas de troubles digestifs, la voie veineuse est utilisable : antipyrétique, paracétamol (PERFALGAN) : 60 mg/kg/j par voie IV en 4 à 6 injections IVL 15 min (demi-dose chez le nouveau-né de moins de 10 j).
Ne pas utiliser les AINS :
  • avant 3 mois
  • en cas d’atteinte cutanée (varicelle +++) ou des tissus mous car risque de fasciite nécrosante
  • en cas de risque hémorragique (geste invasif ou intervention chirurgicale potentiels)
  • en cas d’insuffisance hépatique ou rénale
  • en cas d’antécédent d’asthme
  • en cas de diarrhée (risque d’insuffisance rénale)
Critères d'hospitalisation
• Âge < 1 mois.
• Troubles hémodynamiques, troubles de conscience, détresse respiratoire.
• Fièvre mal tolérée (comportement inhabituel).
• Purpura.
• Infection bactérienne sévère confirmée.
• Incapacité de surveillance à domicile.
Complications de la fièvre
• Convulsions hyperthermiques.
• Déshydratation aiguë.
• Rarement, syndrome d'hyperthermie majeure, avec collapsus, atteinte multiviscérale (notamment cérébrale) chez un nourrisson en général surcouvert.