Dissection traumatique des artères cervicales après traumatisme crânien grave : incidence, facteurs de risque et évolution - 07/09/15
, Pierre Esnault, Erwan D’Aranda, Henry Boret, Eric MeaudreRésumé |
Introduction |
Une dissection traumatique des artères cervicales (DTAC) concerne environ 1 % des patients traumatisés sévères [1]. Un traitement anticoagulant ou antiagrégant est recommandé en phase aiguë afin de prévenir la survenue ou la récidive d’accidents ischémiques [2]. Cette thérapeutique ne peut être envisagée en cas de traumatisme crânien grave (TCG) associé en raison du risque d’aggravation des lésions hémorragiques [3]. Le clinicien doit donc mettre en balance un risque ischémique avec un risque hémorragique. Cependant l’association entre DTAC et TCG est mal documentée dans la littérature. L’objectif de cette étude est de déterminer l’incidence et les facteurs de risque de DTAC chez les patients TCG.
Matériel et méthodes |
Étude prospective observationnelle, réalisée entre janvier 2007 et décembre 2013 à l’HIA Sainte-Anne, Toulon. Tous les patients TCG admis en réanimation ont été inclus. Les critères d’exclusion ont été : GCS minimal>9, traumatisme pénétrant et/ou absence d’angioscanner avec analyse des vaisseaux du cou dans les 24heures. Les caractéristiques des patients, les résultats d’imagerie et l’évolution ont été recueillis. Une analyse multivariée par régression logistique a été réalisée afin de déterminer les facteurs de risque de DTAC chez le patient TCG.
Résultats |
Durant la période de l’étude, 243 patients ont été inclus. 15 ont été exclus (1 absence d’angioscanner, 5 traumatismes pénétrants et 9 GCS>9). L’incidence des DTAC a été de 8,8 % [7,9–9,6] (n=20). Les patients avec une DTAC ont présenté le plus souvent un AVP 2 roues (55 vs 28 %, p=0,01), à haute vélocité (80 vs 49 %, p=0,008), un GCS préhospitalier inférieur (4 [3–6] vs 7 [4–9], p=0,006) ainsi qu’un score ISS supérieur (40 [28–52] vs 22 [16–32], p<0,0001). Le bilan lésionnel retrouvait plus fréquemment une fracture de la base du crâne (40 vs 18 %, p=0,021), un trait de refend dans le canal carotidien (30 vs 5 %, p<0,0001), une fracture du rachis cervical (40 vs 8 %, p<0,0001), une lésion thoracique (95 vs 46 %, p<0,0001) et un traumatisme hépatique (25 vs 4 %, p<0,0001). Les facteurs de risque indépendant de DTAC sont représentés dans le Tableau 1. Quinze patients DTAC (75 %) ont été décoagulés à partir de j1,5 [1–2,75]. On notait 3 complications ischémiques (15 %) et aucune aggravation des lésions hématiques initiales. L’évolution dans les 2 groupes était similaire (incidence d’HTIC (50 vs 43 %, p=NS), durée de séjour en réanimation (11 vs 9jours, p=NS) et décès (30 vs 26 %, p=NS). Le GOS médian à 1 an était comparable (4 vs 5, p=0,75)
Discussion |
L’incidence des DTAC est importante en cas de TCG (environ 9 %). Les principaux facteurs de risque sont un trait de refend dans le canal carotidien, un traumatisme cervical, thoracique ou hépatique. Une anticoagulation efficace semble pouvoir être débutée précocement sans augmentation du risque hémorragique.
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Vol 1 - N° S1
P. A47 - septembre 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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