Thrombose veineuse profonde en médecine interne : étude rétrospective de 268 cas - 03/09/15
, F. BoussemaRésumé |
Introduction |
Malgré les recommandations de plus en plus récentes et codifiées concernant la prévention de la maladie veineuse thrombœmbolique (MVTE), la thrombose veineuse profonde (TVP) reste toujours un problème de santé publique du fait de sa lourde morbi-mortalité. On se propose de décrire les caractéristiques épidémiologiques, topographiques, étiologiques, thérapeutiques et évolutives des TVP observées dans un service de médecine interne.
Matériels et Méthodes |
Étude rétrospective descriptive, s’étalant sur une période de 15ans (2000–2014) et étudiant les dossiers de patients suivis dans un service de médecine interne pour un accident thrombœmbolique veineux confirmé par une imagerie vasculaire (Doppler veineux et/ou angioscanner). La thrombose insolite était définie par un siège autre que les membres inférieurs. La thrombose porte était définie par une thrombose au sein de la veine porte qui peut s’étendre en aval aux branches intra-hépatiques ou en amont à la veine splénique, mésentérique supérieure ou inférieure. Elle peut enfin correspondre à l’extension en aval d’une thrombose mésentérique ou splénique.
Résultats |
Il s’agissait de 268 patients, 122 hommes (45,5 %) et 146 femmes (54,5 %) avec un sex-ratio à 0,83. L’âge moyen était de 52,64ans [16–97]. Quatre-vingt-cinq patients (31,7 %) étaient âgés de moins de 40ans. La localisation au niveau des membres inférieurs, observée chez 236 patients (88 %), était plus fréquente. La TVP de siège insolite était observée dans 32 cas (22 %). Le siège de la thrombose était le tronc porte dans 9 cas, la veine cave inférieure dans 8 cas, la veine jugulaire interne dans 7 cas, le membre supérieur dans 6 cas, la veine sous-clavière dans 5 cas, la veine cave supérieure dans 4 cas, cérébrale dans 3 cas et la veine rénale dans 2 cas. Un seul patient pouvait présenter plus d’une localisation. Les facteurs de risque de TVP observés étaient : un âge supérieur à 65ans (n=101), une obésité (n=95), un tabagisme chronique (n=85), une immobilisation prolongée (n=72), des varices des membres inférieurs (n=56), un antécédent de TVP (n=34) et une chirurgie récente (n=30). Une thrombophilie constitutionnelle était retenue dans 44 cas (16,5 %). Une hyperhomocystéinémie était retrouvée chez 21 cas. La TVP était en rapport avec une maladie de Behçet dans 16 cas. Un syndrome des antiphospholipides était diagnostiqué dans 11 cas. Il était secondaire à un lupus érythémateux systémique dans 6 cas. Les étiologies néoplasiques et infectieuses étaient observées respectivement dans 46 et 8 cas. Malgré une enquête étiologique exhaustive, la TVP était jugée idiopathique dans 49 cas. Cent cinquante et un patients étaient mis sous HBPM et 189 sous antivitamine K (AVK). Les complications de la TVP étaient une embolie pulmonaire (n=58), une récidive (n=36), un surdosage en AVK (n=39) et un décès (n=8).
Conclusion |
Malgré les progrès de la prophylaxie antithrombotique, la TVP représente toujours un problème de santé publique. La fréquence des localisations insolites de la TVP et des étiologies inflammatoires et systémiques dans notre travail est due à un biais de recrutement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Thrombose veineuse profonde, Médecine interne
Plan
Vol 40 - N° 5
P. 322 - septembre 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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