L’exigence de sens du patient - 26/06/15
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Résumé |
Lorsqu’il se sait atteint d’une maladie grave, le patient se pose des questions sur le sens de sa vie et sur sa destinée. Sa temporalité est privée de la structure « extatique » qui l’ouvre sur l’avenir. Il se sent privé de la possibilité d’introduire du sens dans son existence, de mettre en œuvre les valeurs auxquelles il est attaché. Le spectre de la mort suscite un état de déréliction. Face aux angoisses existentielles d’un patient qui lui demande pourquoi cette maladie s’est abattue sur lui, un médecin peut adopter schématiquement trois types de conduite. La première (synchronique) consiste à anticiper les étapes de l’aggravation de la maladie jusqu’à la mort afin de mieux s’y adapter au fil du temps. S’il sait à l’avance que le patient va passer par le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’apaisement, le médecin peut mieux répondre à ses attentes. Cette démarche « synchronique » aboutit à dialectiser le mal. La maladie grave devient une mise à l’épreuve de soi qui débouche sur l’acceptation de la mort. Le risque que comporte l’interprétation synchronique est de ravaler certaines expériences existentielles (telles que la révolte face au non-sens) à des mécanismes de défense purement psychologiques (la « colère »). Elle donne une intelligibilité a priori à toute maladie mais néglige ce qu’il y a d’irrationnel et de désespérant dans le vécu chaotique d’un patient qui se sait condamné. Une seconde attitude possible consiste à appréhender la temporalité du patient sur un mode « diachronique » afin de se rendre attentif à tout ce qu’il y a d’absurde et d’erratique dans la maladie grave. Ici, le médecin accepte de se laisser déconcerter par une temporalité discontinue sans chercher à maîtriser son déroulement à l’aide d’outils interprétatifs. La troisième option est celle de l’éthique narrative qui constitue une synthèse des deux options précédentes. Elle fait droit aux exigences de sens du patient tout en refusant toute grille d’interprétation a priori. Elle n’applique pas une logique standardisée et homogène mais laisse le patient prendre l’initiative de construire un sens à travers la « mise en intrigue » de soi dans le récit.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
When a patient is diagnosed with a serious illness, it raises questions about the meaning of his life and his destiny. His temporality is deprived of the “ecstatic” structure that opens the future. He feels deprived of the possibility of introducing meaning in his existence, to implement the values it is attached. The specter of death creates a state of dereliction. Faced with the existential angst of a patient who asks why this disease has befallen him, a physician may adopt schematically three types of conduct. The first step (synchronous) is to anticipate the phases of the worsening of the disease until death in order to better adapt over time. If he knows in advance that the patient will go through denial, anger, bargaining, depression and healing, the physician can better meet their expectations. This approach leads to synchronic dialectic evil. The disease becomes a serious testing of self that leads to the acceptance of death. The risk of the synchronic interpretation is to swallow some existential experiences (such as the revolt against the nonsense) to purely psychological defense mechanisms (“anger”). It gives intelligibility prior to any disease but may blurt out that there are irrational and desperate in the chaotic experience of a patient who knows he is doomed. A second possible approach is to understand the temporality of the patient on a diachronic way to get attention to all that was absurd and erratic in severe disease. Here, the physician agrees to be fazed by a discontinuous temporality without trying to master the course with interpretative tools. The third option is that of narrative ethics, which is a synthesis of the two previous options. It makes sense right with the requirements of the patient while rejecting any interpretation grid a priori. It does not apply in a standardized and consistent logic but leaves the patient take the initiative to construct meaning through the “emplotment” self in the story.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Existence, Temporalité, Déréliction, Angoisse, Éthique narrative, Sollicitude
Keywords : Existence, Temporality, Abandonment, Anxiety, Narrative ethics, Care
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Vol 1 - N° 2
P. 230-238 - avril 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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