Lichen plan pigmentogène et maladies auto-immunes - 20/05/15
Résumé |
Introduction |
Le lichen plan pigmentogène (LPP) est une variante rare de LP cutané caractérisée par la présence de lésions lichéniennes hyperpigmentées dans les zones photo-exposées ou dans les plis de flexion. Le LPP est fréquent en Inde et au Moyen-Orient. Cette dermatose a été rarement décrite en association avec d’autres maladies. Ainsi, à travers notre travail, nous nous sommes proposé de déterminer la fréquence des maladies auto-immunes parmi nos patients suivis pour LPP.
Patients et méthodes |
Nous présentons une étude rétrospective monocentrique menée à notre service de dermatologie. La période d’étude était de 10ans (allant de 2005 à 2014). Pour tous les cas, on a déterminé les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et les MAI associées.
Résultats |
Nous avons recensé 28 cas de LPP confirmés histologiquement. Le sex-ratio était de H/F=0,55. L’âge moyen était de 35,5ans pour les hommes et 49 ans pour les femmes. Les sites de prédilection des lésions étaient le tronc et les membres dans la majorité des cas. Une atteinte de la muqueuse buccale était notée dans un seul cas. La durée moyenne d’évolution était de 16,9 mois. Tous les patients n’avaient pas des antécédents familiaux de cas similaires. Pour tous les patients, le bilan hépatique était normal et les sérologies hépatites B et C étaient négatives. Une maladie auto-immune associée était trouvée chez 7 patients (25 %). Trois patients étaient diabétiques de type 2, parmi eux un avait une polyarthrite rhumatoïde. Un patient était atteint d’un syndrome de Sharp. Trois patients étaient suivis pour maladies chroniques inflammatoires de l’intestin (MICI), dont un patient avait une maladie de Crohn, un patient avait une colite lymphocytaire, et un autre patient avait une rectocolite hémorragique. Le patient qui avait une colite lymphocytaire était suivi pour hypothyroïdie.
Discussion |
Le LPP est une dermatose rare, d’étiologie inconnue, caractérisée par des petites macules rondes ou ovalaires, bien limitées puis confluentes formant de larges plages hyperpigmentées. Il diffère cliniquement du lichen plan classique par le caractère pigmenté des lésions, l’absence de prurit, l’absence d’atteinte du cuir chevelu, des ongles, ou de lésions muqueuses. Les lésions prédominent dans les zones photo-exposées. L’évolution est plus longue que dans le lichen plan classique. Les résultats de notre série confirment les données de la littérature quant à la rareté de cette entité, la prédominance du sexe féminin et la survenue dans la 3e ou 4e décennie de la vie. À notre connaissance, notre étude est la première étude cherchant les maladies associées au LPP. Nous avons trouvé une association fréquente avec les maladies auto-immunes, telles que le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, le syndrome de Sharp et les MICI. Ainsi, des mécanismes immunologiques peuvent être impliqués dans la pathogenèse du LPP.
Conclusion |
Notre série est la première série étudiant l’association de LPP et MAI. Les résultats de notre série montrent une association fréquente du LPP avec les MAI. Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux caractériser cette entité.
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Vol 36 - N° S1
P. A101 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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