Diphénidine : une nouvelle drogue dissociative - 07/05/15
, A. Knapp 3, 4, I.-E. Hajj Sleiman 5, A. Villa 1, 2, R. Belhamiche 1, 2, R. Garnier 1, 2, J.-C. Alvarez 3, 4| pages | 2 |
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Résumé |
Objectif |
La diphénidine (1-(1,2-diphenylethyl)piperidine) est une nouvelle drogue de synthèse présentée comme « une substance anesthésiante avec un effet stimulant modéré et une composante amnésiante forte », aux effets proches de la kétamine et de la méthoxétamine (bluelight.ru). Bien que sa structure chimique diffère de celle des arylcyclohexyamines, elle a un effet antagoniste sur les récepteurs NMDA [1]. La diphénidine semble être disponible sur Internet depuis début 2013. Elle a été détectée dans des saisies de dogues pour la première fois en 2014 [2]. Nous décrivons le cas d’un jeune homme aux antécédents de toxicomanie, ayant été admis aux urgences après avoir expérimenté pour la première fois la diphénidine. Il a rapporté des effets dissociatifs importants, une confusion, des hallucinations, une amnésie et une désorientation temporelle importante.
Méthodes |
Aucun prélèvement n’ayant été réalisé aux urgences, une mèche de cheveux a été prélevée en vertex postérieur 49jours après l’ingestion dans le but de rechercher une confirmation analytique de son exposition. L’échantillon a été divisé en 5 segments d’1cm chacun ; la diphénidine a été recherchée dans les différents segments par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS/MS).
Résultats |
La diphénidine a été retrouvée seulement dans les 3 segments proximaux, aux concentrations de 123pg/mg dans le segment le plus proche du scalp, puis 79pg/mg et 89pg/mg dans les 2 segments suivants. De nombreuses autres substances ont également été retrouvées, comme la cocaïne (4650pg/mg à l’extrémité et 850pg/mg à la racine du cheveu) et ses métabolites, ainsi que des médicaments : aripripazole, tiapride, hydroxyzine et son métabolite la cétirizine, mianserine, diazepam et ses métabolites, tropatépine, zolpidem, zopiclone, lévamisole et lidocaïne (substances probablement utilisées comme agents de coupe de la cocaïne).
Conclusion |
Le dosage capillaire a permis de confirmer analytiquement l’exposition à la diphénidine, pour laquelle il n’existe pas à notre connaissance d’intoxication décrite. Les symptômes observés sont en cohérence avec son effet antagoniste sur les récepteurs NMDA. Compte tenu du développement rapide de nouvelles substances récréatives, et afin de permettre leur identification dans des analyses toxicologiques réalisées chez des patients présentant des effets psychodysleptiques associés à leur consommation, les données sur les composés émergents, comme la diphénidine, doivent être rapportées. La diphénidine devrait être ajoutée aux screening toxicologiques existants.
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Vol 27 - N° 2S
P. S26-S27 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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