Effets indésirables cutanés retardés du natalizumab - 24/11/14
Résumé |
Introduction |
Le natalizumab (Tysabri®) est indiqué depuis 2006 dans le traitement de fond des formes actives de sclérose en plaque rémittente-récurrente. Nous rapportons quatre observations de malades ayant présenté une toxidermie au natalizumab.
Observations |
Quatre malades, un homme de 34 ans (malade 1), un homme de 53 ans (malade 2), une femme de 37 ans (malade 3) et une femme de 43 ans (malade 4) étaient traités par natalizumab respectivement depuis 10 mois, 4 ans, 3 mois et 9 mois. Ils présentaient une éruption eczématiforme localisée au visage, au tronc et aux membres pour les malades 1 et 2, aux mains et membres supérieurs pour la malade 3, au tronc et aux fesses pour la malade 4. Le traitement était arrêté chez le malade 1 et on notait une amélioration des lésions. Quinze jours après la réintroduction du natalizumab, on observait une récidive des lésions. Chez le malade 2, après l’arrêt du traitement, l’état cutané s’améliorait très progressivement jusqu’à une disparition totale des lésions sept mois plus tard. Chez le malade 3, le traitement par natalizumab était poursuivi du fait d’un bénéfice neurologique et d’une amélioration des lésions sous soins locaux. Chez le malade 4, des soins locaux étaient débutés et le traitement par natalizumab pouvait être poursuivi. Une recherche d’anticorps anti-natalizumab, réalisée chez les malades 2 et 4, s’avérait négative. Une biopsie cutanée réalisée chez les malades 1 et 2 révélait une dermite spongiforme non spécifique. Un bilan allergologique, effectué chez les malades 1 et 2, avec réalisation de patch-tests, de prick-tests et d’intradermo-réactions au natalizumab était négatif.
Discussion |
Le natalizumab est un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre l’alpha4-intégrine. Les effets indésirables cutanés, décrits chez 4 % des malades, correspondent à des réactions de type urticaire, survenant préférentiellement lors des premières injections. Une seule observation de toxidermie au natalizumab à type d’hypersensibilité retardée est décrite dans la littérature. Dans nos observations, les arguments retenus pour l’imputabilité du médicament sont l’évolution favorable à l’arrêt du médicament et l’aggravation des lésions lors de la réintroduction ou de la poursuite du médicament. Les tests allergologiques n’ont pas été contributifs dans notre expérience. La prise en charge de cet effet secondaire doit d’abord faire appel aux soins locaux avant d’interrompre le traitement.
Conclusion |
Cet effet secondaire du natalizumab n’est à notre connaissance que très peu décrit mais mérite d’être connu pour assurer une prise en charge précoce afin de ne pas priver le malade d’un traitement efficace pour la sclérose en plaques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Biomédicament, Eczema, Natalizumab, Toxidermie
Plan
| ☆ | Iconographie disponible sur CD et Internet. |
Vol 141 - N° 12S
P. S498 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
