Effet secondaire cutané du bévacizumab : nécroses cutanées localisées sur des vergetures cortico-induites chez un homme traité pour un glioblastome - 24/11/14
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Résumé |
Introduction |
La combinaison d’une corticothérapie à haute dose, prolongée et d’un traitement par bévacizumab peut entraîner des effets secondaires cutanés majeurs, altérant la qualité de vie et nécessitant parfois l’arrêt du traitement chez des malades en impasse thérapeutique.
Observations |
Un homme de 19ans était traité en neuro-oncologie pour un glioblastome du tronc cérébral. Une corticothérapie par méthylprednisolone 100mg par jour et un traitement par témozolomide et bévacizumab 10mg/kg/15jours étaient instaurés puis devant une évolution défavorable à 5 mois, relayés par bévacizumab et lomustine. Au décours de la corticothérapie le patient présentait de larges vergetures pourpres axillaires, abdominales et inguinales. Six mois après le début du traitement, les vergetures se compliquaient d’une nécrose centrale douloureuse, sans atteinte de la peau saine périphérique. Le patient nous était adressé pour la prise en charge de ces plaies. Nous concluions à la responsabilité du bévacizumab et de la corticothérapie et proposions la poursuite du bévacizumab et des soins locaux en hospitalisation à domicile : détersion de la nécrose, pansement par hydrogel, qui n’ont pas permis d’amélioration des lésions.
Discussion |
Le bévacizumab est un anticorps monoclonal humanisé anti-VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor). Le retard de cicatrisation après chirurgie sous bévacizumab est décrit ; il n’existe en revanche que 6 cas rapportés de nécroses cutanées sur des vergetures : 5 patients présentant un glioblastome et 1 astrocytome anaplasique ayant reçu une radiothérapie et une chimiothérapie par témozolomide, puis après progression un traitement par bévacizumab et irinotécan (n=3), et témozolomide (n=2) et étoposide (n=1), ainsi que d’une corticothérapie orale prolongée. Le délai d’apparition des lésions était de 1 à 31 semaines ; le traitement était arrêté en raison d’une progression tumorale dans tous les cas et on observait une cicatrisation des lésions après 1 à 2 mois (n=2), ou une absence d’amélioration à 1 mois (n=2), ou encore une cicatrisation incomplète (n=2). Bien que le bévacizumab soit également indiqué dans d’autres cancers, cet effet secondaire n’a été décrit que chez les patients traités pour un glioblastome, car la corticothérapie est systématique dans ce cas. Les anti-VEGF entraînent une altération de la paroi vasculaire, mettant à nu les phospholipides prothrombotiques et entraînant ainsi des microthrombus, ce qui permettrait d’expliquer la nécrose cutanée ; de plus ils inhibent la néo-angiogenèse, indispensable pour la cicatrisation.
Conclusion |
Il s’agit d’un effet secondaire du bévacizumab encore peu rapporté qui peut engendrer une gêne fonctionnelle importante. Le bévacizumab ayant lui-même un effet anti-œdémateux, la diminution des doses de corticothérapie pourrait limiter la survenue des lésions.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Bévacizumab, Corticothérapie, Effet indésirable, Nécrose, Vergetures
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Vol 141 - N° 12S
P. S497-S498 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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