Association eczéma craquelé et hémopathie maligne : 4 observations - 24/11/14
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Résumé |
Introduction |
L’association entre eczéma craquelé et néoplasie a été décrite mais reste peu connue. Nous rapportons 4 nouvelles observations d’eczéma craquelé accompagnant une hémopathie maligne.
Observations |
Cas 1 : un homme de 60ans, suivi en hématologie pour un lymphome B primitif cérébral, développait quelques jours après la première cure de cytostatiques une éruption eczématiforme du tronc et de la racine des membres, d’aspect craquelé, résistante aux dermocorticoïdes. L’éruption s’amendait en quelques semaines, sans récidive 4 mois après la rémission de son lymphome.
Cas 2 : un homme de 60ans était pris en charge en réanimation pour aplasie fébrile dans les jours suivant sa première cure de chimiothérapie pour un lymphome de Burkitt. L’examen dermatologique notait des lésions d’eczéma craquelé du tronc et de la racine des membres évoluant depuis 4jours. L’évolution était rapidement fatale en quelques semaines.
Cas 3 : un homme de 43ans consultait pour un eczéma craquelé diffus du tronc et des membres évoluant depuis 3mois, résistant à un traitement par dermocorticoïdes forts. L’examen général révélait une volumineuse adénopathie axillaire dont l’examen histologique mettait en évidence un lymphome de Hodgkin. L’éruption cutanée régressait en 15jours, tandis que l’évolution de la maladie de Hodgkin était favorable sous cytostatiques.
Cas 4 : un homme de 94ans développait après sa première cure de chimiothérapie, pour un myélome multiple à IgG kappa, un eczéma craquelé très prurigineux des 4 membres. L’évolution était partiellement favorable sous traitement dermocorticoïde en quelques semaines.
Discussion |
L’eczéma craquelé est défini, selon Robert Degos, par une peau sillonnée de craquelures rouges, linéaires, de moins d’un millimètre de large, s’entrecroisant irrégulièrement pour former des losanges inégaux. Les données de la littérature attestent d’un lien possible avec une néoplasie sous-jacente solide ou une hémopathie maligne. Les arguments en faveur de l’origine paranéoplasique sont la topographie étendue de l’eczéma, l’aspect de craquelures très inflammatoires et hémorragiques ainsi que la résistance aux dermocorticoïdes. Dans nos observations, les arguments en faveur d’un lien de causalité entre l’eczéma craquelé et l’hémopathie étaient forts :
– survenue rapide de la dermatose après le diagnostic de l’ hémopathie ;
– régression des lésions eczématiformes dans les semaines suivant l’introduction du traitement de l’hémopathie et absence de récidive de l’éruption après obtention d’une rémission de celle-ci (2 cas).
La régression de l’eczéma malgré la poursuite du traitement cytostatique (2 cas) allait contre l’hypothèse d’une étiologie médicamenteuse.
Conclusion |
La survenue d’un eczéma craquelé généralisé et résistant à un traitement dermocorticoïde est en faveur d’une origine paranéoplasique et doit motiver la réalisation d’examens complémentaires à la recherche d’un néoplasie sous-jacente.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Eczéma astéatosique, Eczéma craquelé, Paranéoplasique
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Vol 141 - N° 12S
P. S425-S426 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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