Hypertension intracrânienne due à un méningiome envahissant le tiers postérieur du sinus sagittal supérieur : des caractéristiques cliniques et de l’imagerie au traitement chirurgical avec exérèse totale et restauration de la circulation veineuse - 24/11/14
Résumé |
Introduction |
L’occlusion d’un sinus dural majeur comme le tiers postérieur du sinus sagittal supérieur (SSS) peut entraîner une élévation de la pression intracrânienne par augmentation du volume sanguin cérébral. L’occlusion de la circulation veineuse peut provoquer une hypertension intracrânienne alors même que la tumeur peut être de petite taille. Un tel cas est le sujet du présent rapport.
Matériels et méthode |
Il s’agissait d’une femme de 66ans, qui présentait des signes d’hypertension intracrânienne sévère : céphalées invalidantes, troubles visuels (détérioration de l’acuité visuelle, constriction des champs visuels), œdème papillaire bilatéral considérable ; par ailleurs, il n’y avait aucun déficit neurologique focal ou crises épileptiques. IRM et TDM révélaient un méningiome parasagittal gauche, de relativement petite taille, envahissant le tiers postérieur du SSS et obturant sa lumière aux trois-quarts. L’Angiographie montrait qu’il persistait un filet de circulation. Il s’agissait d’un méningiome de Type IV (sur les VI de la classification des méningiomes des sinus). Après l’ablation de la partie extrasinusale de la tumeur, la partie intraluminale fut attaquée. Sous clampage temporaire, la paroi durale ipsilatérale et le toit, envahis par la tumeur, furent enlevés. Le fragment intraluminal fut ensuite réséqué jusqu’à assurer une liberté totale de la lumière. La reconstruction veineuse fut réalisée par la mise en place d’un patch de fascia temporalis suturé par deux hémisurjets. En fin d’intervention Doppler intraopératoire confirmait la bonne perméabilité du sinus réparé. Un traitement anticoagulant puis antiagrégant fut instauré pour 6 mois, délai théorique pour l’endothélialisation du patch.
Résultats |
Au terme d’une période postopératoire de six mois, sans complication, l’imagerie montrait la perméabilité du SSS en regard de la réparation et le caractère complet de la résection du méningiome. Les céphalées étaient diminuées et l’œdème papillaire bilatéral avait disparu.
Conclusion |
Les méningiomes envahissant le SSS, même de petite taille, peuvent compromettre gravement la circulation veineuse cérébrale, ce qui pose au chirurgien un dilemme difficile à résoudre. Laisser le fragment intrasinusal en place, c’est ne pas traiter les symptômes menaçants de l’hypertension intracrânienne. Tenter une exérèse complète incluant le fragment intraluminal, suivie d’une restauration de la circulation veineuse, implique un certain risque chirurgical.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 60 - N° 6
P. 335 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?