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La dyspnée : pourquoi l’évaluer et comment ? - 14/10/14

The dyspnoea: why to estimate it and how?

Doi : 10.1016/j.admp.2014.07.050 
T. Perez  : Praticien Hospitalier
 Service d’Explorations Fonctionnelles Respiratoires et Clinique des Maladies Respiratoires, Hôpital Calmette, CHRU, Université Lille Nord de France, 59037 Lille cedex 

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Résumé

La dyspnée est un symptôme cardinal en pneumologie, mais aussi dans beaucoup d’autres pathologies cardiologiques ou neuromusculaires. Selon l’ATS [1] le terme caractérise une « expérience subjective d’inconfort respiratoire, recouvrant des sensations qualitativement distinctes et d’intensité variable ». L’expérience de la dyspnée dérive d’interactions complexes entre facteurs physiologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux.

Pourquoi l’évaluer ?

En dehors de sa prévalence élevée, la dyspnée a un impact clinique majeur. Si l’on prend l’exemple de la BPCO, la dyspnée est le principal déterminant de la qualité de vie [2], un facteur pronostique majeur [3] et s’avère également corrélée au statut psychologique [4]. La dyspnée est également une cible majeure du traitement, que ce soit en pathologie respiratoire ou cardiaque.

Comment l’évaluer ?

Le caractère subjectif de la dyspnée et la complexité de ses déterminants expliquent le niveau modéré des corrélations obtenues avec les données paracliniques dont les EFR. Elle doit de ce fait être mesurée spécifiquement pour évaluer la sévérité clinique de la pathologie ou pour apprécier la réponse au traitement. Son intensité peut également constituer un index de pénibilité au travail. Pour être facilement utilisable, la passation des échelles doit être rapide, et peu influencée par l’examinateur. L’auto-administration est à priori préférable.

Échelles sensorielles

Les deux premières échelles sensorielles sont essentiellement utilisées lors d’un stimulus dont le plus courant est l’exercice mais il peut s’agir de tests de provocation bronchique [5] voire d’une activité physique professionnelle lourde.

Échelle de Borg

L’échelle de Borg est largement utilisée en particulier lors des épreuves d’exercice. Par extension, elle pourrait être utilisée lors d’activités physiques lourdes y compris professionnelles [6].

Elle est surtout utilisée dans sa version modifiée, à 10 points [7], 10 correspondant à une dyspnée maximale. Sa construction répondant au principe psychométrique [8], elle est non linéaire. Elle fait référence pour l’évaluation de la dyspnée en début et en fin de test lors des épreuves d’exercice ou d’un test de marche de 6minutes. Sa reproductibilité à l’exercice est excellente [9]. Les variations cliniquement significatives de cette échelle sont évaluées à 1 point [10].

Échelle visuelle analogique

Elle peut être employée pour l’évaluation individuelle de la dyspnée (0 à 10). Etant par nature linéaire, elle serait moins sensible pour l’évaluation de la dyspnée à haut niveau d’exercice que l’échelle de Borg [7]. Le seuil de variation significatif est de 20mm [10] [11].

Dyspnée dans la vie courante

Trois échelles simples sont très largement utilisées dans la pratique courante pour évaluer la dyspnée de la vie quotidienne et son retentissement fonctionnel. Deux autres sont plus complexes mais sensibles aux changements.

Échelle NYHA

Très utilisée en cardiologie, l’échelle NYHA l’est également dans l’HTAP. Sa valeur pronostique est largement démontrée. Au sens strict elle évalue davantage le retentissement fonctionnel associé à la dyspnée que l’intensité de celle-ci et a l’inconvénient d’une faible sensibilité au changement.

Échelle mMRC

L’échelle mMRC est actuellement la plus utilisée dans la BPCO, gradée de 0 à 4 [12].

Elle est intégrée dans la BPCO au score BODE, avec le BMI, le VEMS et la distance au test de marche [13]. Elle a comme l’échelle NYHA l’inconvénient d’une faible sensibilité au changement. Le mMRC est intégré depuis 2011 à la nouvelle classification GOLD de la BPCO. Un mMRC ≥ 2 correspond à une dyspnée très significative.

Score BDI/TDI

Le score BDI [14] évalue 3 dimensions de la dyspnée : la limitation fonctionnelle, l’amplitude de l’effort et l’amplitude de l’activité. Son intérêt est d’intégrer la limitation lors d’activités quotidiennes et professionnelles. Il est très utilisé dans la BPCO, les pathologies interstitielles, l’insuffisance cardiaque. Son autre originalité est de disposer d’un score comparatif, le Transition Dyspnea Index ou TDI. Chaque dimension du BDI est réévaluée comparativement, le score de changement variant de–3 (dégradation majeure) à 3 (amélioration majeure). En routine clinique, ce score reste d’utilisation délicate par une certaine subjectivité dans la passation.

Shortness of breath questionnaire

Le SOBQ est un auto questionnaire simple à 24 questions cotées chacune de 0 à 5 ; 21 questions évaluent l’intensité de la dyspnée lors d’activités physiques variées, les 3 dernières questions analysant la peur d’être essoufflé [15]. La différence minimale cliniquement significative est de 5 points.

Échelles évaluant la composante affective

Des études récentes ont démontré qu’il existait une composante affective à la dyspnée nécessitant l’utilisation de scores spécifiques comme le MDP [16]. Il est encore tôt pour envisager leur utilisation en routine.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Dyspnée, mMRC, BDI, Borg, BPCO


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Vol 75 - N° 5

P. 537-538 - novembre 2014 Retour au numéro
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