DHEA : célèbre et méconnue - 01/01/02
J.L.
Schlienger
*
,
A.E.
Perrin,
B.
Goichot*Correspondance et tirés à part
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Résumé |
Propos. - Préciser le rôle physiologique de la dehydroépiandrosterone (DHEA), quantitativement le plus important des stéroïdes surrénaliens, et analyser l'intérêt de la supplémentation proposée pour pallier la diminution de sa concentration avec l'âge et améliorer le bien-être.
Actualités et points forts. - La DHEA (et son sulfate) agit dans les tissus cibles sur un mode intracrine comme précurseur androgénique et estrogénique. Elle est aussi considérée comme un neurostéroïde. Son administration dans divers modèles pathologiques chez les animaux ne produisant pas de DHEA apparaît prometteur, notamment pour améliorer l'insulinorésistance, l'immunomodulation et l'acquisition cognitive. Chez l'homme, il y a peu de données probantes pour justifier une supplémentation ou un traitement dans des affections spécifiques en dehors de l'insuffisance surrénalienne. Quelques études de supplémentation contre placebo indiquent une amélioration inconstante de la sensation de bien-être chez la femme ménopausée. Les effets sur les troubles de l'humeur et de la mémoire sont discutables. La DHEA paraît douée d'un effet anti-inflammatoire et immunomodulateur à en juger par des résultats favorables obtenus dans le lupus érythémateux disséminé. La DHEA n'est pas la panacée annoncée pour lutter contre le vieillissement. Il n'y a pas de relation prouvée entre la concentration plasmatique de DHEA et le risque cardiovasculaire ou de cancer.
Perspectives et projets. - À ce jour, l'insuffisance surrénalienne est la seule indication thérapeutique bien documentée de la DHEA. Des essais contrôlés à grande échelle sont nécessaires pour mieux préciser son intérêt en termes de qualité de vie mais aussi son innocuité vis-à-vis des cancers du sein et de la prostate avant de proposer une substitution préventive de masse comme le font les médias. D'autres indications thérapeutiques potentiellement intéressantes comme immunomodulateur ou comme moyen de substitution androgénique chez la femme ménopausée sont à valider.
Mots clés : DHEA ; S-DHEA ; essais cliniques ; vieillissement ; ménopause ; insuffisance rénale.
Abstract |
Purpose. - To clarify the physiological function of dehydroepiandrosterone (DHEA), the most abundant steroid in human plasma, which remains poorly understood. To analyse the beneficial effects of a supplementation in order to alleviate its decrease in ageing and improve well-being.
Current knowledge and key points. - DHEA (and its sulfate) acts on peripheral tissues as an androgenic and estrogenic precursor. It is also considered as a neurosteroid. DHEA administration in several pathological animal models is promising, especially in metabolic diseases such as obesity and insulin resistance. It appears like a factor of immunomodulation and facilitates cognitive acquisition. In humans there is little evidence that DHEA may be useful in characterized pathologies apart from adrenal insufficiency. An interesting effect was also noted in severe systemic lupus erythematosus. The effects on cognitive and neuropsychiatric diseases such as midlife dysthymia are not yet convincing. Prospective studies of supplementation versus placebo indicate inconstant improvement in well-being in the post-menopausal state. DHEA is not a panacea against ageing despite there being a well-established aging-related decrease of DHEA. Contrary to some assertions there are no proven relations between cardiovascular or cancer risk.
Future prospects and projects. - Until now adrenal insufficiency has been the only well-documented indication of an oral DHEA supplementation. However, DHEA may be a good way for androgen supplementation in menopausal men. Further investigations are needed to better know the anti-inflammatory and immunomodulation properties of DHEA. At the least, prospective studies on large populations are necessary to assess the true benefits and dangers of DHEA in prevention of ageing.
Mots clés : DHEA ; S-DHEA ; clinical trial ; aging ; post menopausal ; adrenal insufficiency.
Plan
Vol 23 - N° 5
P. 436-446 - mai 2002 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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