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Le droit à l'enfant Conséquences d'une maternité à tout prix... Incidence en termes de santé publique - 18/02/08

Doi : SF-04-2003-2-4-1637-4088-101019-ART3 

N. Mamelle [1]

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Le droit à l'enfant, la maternité à tout prix, sont des faits de société qui ne sont pas sans conséquence sur la santé des mères et des enfants. La surveillance en continu des indicateurs de santé périnatale permet de mesurer les conséquences d'un tel fait de société. Les résultats présentés ici sont issus du Réseau Sentinelle Audipog qui effectue cette surveillance depuis 1994, et permet d'analyser l'évolution des indicateurs en continu depuis cette date.

Le droit à l'enfant tout de suite ? L'augmentation concomitante des naissances, des grossesses multiples (plus de 4 % en 2001) et de la prématurité (7,2 % en 2001) a conduit à une inquiétante augmentation du nombre de bébés prématurés. L'analyse révèle un abaissement de l'âge des femmes enceintes après une aide médicale à la procréation, conduisant à des recommandations de patience aux couples, après l'arrêt de la contraception.

Le droit à l'enfant parfait ? Le dépistage échographique des malformations, les marqueurs sériques ou le repérage d'un retard de croissance intra-utérin, en devenant une norme ont conduit à ce droit à l'enfant parfait, alors que toutes les règles de mise en place de techniques de dépistage de masse n'ont pas été appliquées. Les faux positifs des marqueurs sériques conduisent à 10 % d'amniocentèse le plus souvent normales, le dépistage du RCIU conduit à inquiéter une femme sur 2 à tort et parfois à intervenir alors que tout va bien.

Le droit à l'enfant à l'avance ? La prématurité a dépassé 7 % alors qu'elle n'était que de 5,6 % en 1995. Les progrès de la néonatologie n'ont-ils pas concouru à une certaine banalisation de la prématurité qui peut être vécu comme un droit ? Alors qu'un peu d'écoute des femmes présentant une menace d'accouchement prématuré, un soutien psychologique, une double prise en charge médicale et psychologique, pourraient réduire efficacement le risque de prématurité (réduction de moitié dans 2 études successives).

Du droit à l'enfant tout de suite... au risque de naissance prématurée, il n'y a qu'un pas ! N'est-ce pas la place donnée à l'enfant dans le couple qui est en cause, lorsque la volonté d'enfant remplace le désir d'enfant, lorsque la grossesse est vécue comme une contrainte et l'accouchement comme une souffrance ? N'est-ce pas aussi la place donnée à la médecine devant un événement le plus souvent physiologique qui a généré ces droits, en risquant de perturber l'établissement du lien mère-enfant, dont la qualité est nécessaire dès la vie intra-utérine, pour assurer son bon développement futur ?

Right to have a child: consequences of "maternity for all" in terms of public health impact

The right to have a child, or put in other words, anyone can have a child, is a social fact that has significant public health consequences, both for mothers and infants. Monitoring perinatal parameters is one way of measuring these consequences. The results presented here issued from the Audipog Sentinel Network which has worked in this area since 1994.

The right to have a child, now. Concomitant increases in the number of births, the number of multiple pregnancies (more than 4% in 2001) and the number of preterm births (7.2% in 2001) has led to a disquieting increase in the number of preterm infants. Analysis of the data show that maternal age after medically assisted reproduction is falling, leading to advising couples to wait longer after interrupting contraception.

The right to have a "perfect" child. Ultrasound screening for malformations, serum markers, or intrauterine growth retardation have become standard practice leading to the "right to have a perfect child", despite the fact that all the rules of mass screening have not been applied. Ten percent of all amniocenteses are ordered because of a false positive serum marker test. Identification of intrauterine growth retardation is disquieting for half of the mothers who may request intervention unnecessarily (55% false positives).

The right to have a child, at the right time. The rate of preterm births now exceeds 7.2% while it was 5.6% in 1995. Progress in neonatology may have contributed to this situation were survival of preterm infants is considered as a "right". The risk of preterm birth could be reduced by half according to two recent studies by carefully listening to mothers with threatening preterm delivery, by providing psychological support, and by multidisciplinary medical and psychological management.

From the right to have a child now to the risk of preterm birth. Where is the place for the child when the willingness to have a child replaces the desire to have a child, when pregnancy is an obligation and delivery a suffering? Perhaps over medicalization of a physiological event has contributed to this situation with the risk of perturbing the mother-infant relationship and the quality of intra-uterine life, and in consequence the child's future development.


Mots clés : indicateur de santé périnatale , infertilité , grossesse multiple , prématurité


Mots clés : indicator of perinatal health , infertility , multiple pregnancy , preterm birth


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Vol 2 - N° 4

P. 197-203 - septembre 2003 Retour au numéro
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