Méningiome et neuropathie optique : un piège diagnostique - 18/03/13
Optic neuropathy and meningioma: A diagnostic trap


Résumé |
Introduction |
Les méningiomes sont des tumeurs méningées primitives bénignes. Leur découverte peut être fortuite ou secondaire à l’exploration de symptômes neurologiques, voire ophtalmologiques.
Patients et méthodes |
Nous rapportons les histoires cliniques et paracliniques de cinq patientes ayant présenté des symptômes ophtalmologiques qui ont conduit au diagnostic de méningiomes.
Résultats |
Il s’agissait de cinq femmes, âgées de 52ans en moyenne au moment du début des symptômes. Elles présentaient toutes une baisse de l’acuité visuelle unilatérale progressive avec un fond d’œil initialement normal, associée à une altération du champ visuel ipsilatéral. Les différents examens complémentaires et notamment radiologiques ont dû être répétés pour mener au diagnostic de méningiome dans un délai allant de 18 mois à quatre ans.
Discussion |
Le tableau clinique de ces cinq cas est celui d’une neuropathie optique rétrobulbaire ayant orienté le bilan vers la recherche d’une maladie inflammatoire du système nerveux central. Mais le caractère atypique de la neuropathie a fait reconsidérer le diagnostic et répéter les examens d’imagerie. Le caractère iso-intense des méningiomes en T1 et peu hyperintense en T2 en imagerie par résonance magnétique (IRM) peut conduire à un retard diagnostique et thérapeutique si l’examen n’est pas fait et interprété par un professionnel expérimenté. L’injection de Gadolinium, les séquences avec suppression de graisse et le centrage sur les voies optiques antérieures sont des éléments indispensables lors de l’IRM.
Conclusion |
Devant une neuropathie optique indolore, d’évolution progressive, et résistante à la corticothérapie, le diagnostic de méningiome des voies optiques antérieures doit être envisagé. Celui-ci est facilité par une IRM adaptée aux voies optiques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction |
Meningiomas are benign primary meningeal tumors. Their diagnosis may be incidental or in response to a work-up for neurological or ophthalmological symptoms.
Patients and methods |
The clinical course of five patients with ophthalmological symptoms leading to the diagnosis of meningioma is described.
Results |
The case reports consist of five women (48 to 54years old – mean 52years at the onset of symptoms), all suffering from a progressive unilateral decrease in visual acuity with a normal initial fundus examination and ipsilateral visual field changes. Ancillary testing, in particular MRI and CT-scans, had to be repeated to make the diagnosis of meningioma, which was delayed from 18 months to 4 years.
Discussion |
The clinical presentation of these five cases was that of a retrobulbar optic neuropathy, which biased the work-up towards an inflammatory disease of the central nervous system such as multiple sclerosis. However, the atypical character of the neuropathy, which did not respond to intravenous steroids, caused the diagnosis to be questioned and radiological examinations repeated. The iso-intense appearance of meningiomas on T1 MR imaging and only slightly hyperintense appearance on T2 may result in a diagnostic delay if the exam is not performed and interpreted by an experienced professional. Gadolinium contrast, fat suppression and centration on the anterior visual pathways are essential to a proper MRI examination.
Conclusion |
When confronted with a progressive, painless optic neuropathy unresponsive to steroid treatment, the diagnosis of meningioma of the anterior visual pathways must be considered. This diagnosis is enabled by a targeted MRI of the anterior visual pathways.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Méningiome, Neuropathie optique, Névrite optique, Gaine du nerf optique, Sinus caverneux, Voies visuelles antérieures, IRM
Keywords : Meningioma, Optic neuropathy, Optic neuritis, Optic nerve sheath, Cavernous sinus, Anterior visual pathways, MRI
Plan
![]() | Cette revue de cinq cas a été présentée oralement à l’AFS et réunion du CNOF qui s’est déroulée lors du congrès de la SFO de 2007 et a également fait l’objet d’un poster lors des journées de neurologie en langue française. |
Vol 36 - N° 3
P. 221-229 - mars 2013 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.