Infection précoce du site opératoire en traumatologie de l’adulte. Résultats rétrospectifs et identification des facteurs de risque - 02/10/12
, N. Reina a, J. Gaudias b, H. Coudane c, C. Mabit d, P. Bonnevialle a, F. Bonnomet ela Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique1
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Résumé |
Introduction |
L’infection du site opératoire (ISO) en chirurgie traumatologique est une complication peu fréquente mais grave car elle remet en cause le résultat fonctionnel et le pronostic vital sur des terrains fragiles. L’objectif de cette série rétrospective multicentrique était d’identifier les facteurs de guérison et d’échec après la survenue d’une ISO et de proposer un schéma thérapeutique.
Patients et méthode |
Dix services de chirurgie orthopédique et traumatologie ont participé à une étude rétrospective qui a inclus 84 patients d’âge moyen 65 ans ayant présenté une ISO avant la fin du cinquième mois postopératoire avec identification d’au moins un germe… Il s’agissait de 22 infections sur arthroplasties, 23 infections en site profond et 39 en site superficiel (cheville et pilon tibial principalement). L’ISO est survenue en moyenne au 42e jour postopératoire (6–143). Une antibiothérapie préalable à la chirurgie a été mise en route 16 fois. Pour les 22 arthroplasties, le traitement de l’infection a nécessité une dépose complète sept fois avec repose cinq fois. Pour les ostéosynthèses, une ablation partielle du matériel a été réalisée 13 fois avec réimplantation quatre fois. Une ablation complète a été réalisée dans 27 cas avec réimplantation 13 fois. Une antibiothérapie injectable probabiliste, le plus souvent avec la vancomycine, a été débutée dans 24 % cas. Une antibiothérapie orale a été associée ou débutée seule chez 76 % des patients. Dans 61 cas, il s’agissait d’une infection mono-microbienne avec quasiment une fois sur deux un Staphylococcus aureus.
Résultats |
Au recul moyen de 302 jours, on comptait 18 patients décédés, significativement plus souvent dans les groupes des ISO en sites profonds ou sur arthroplasties. La guérison de l’infection a été obtenue chez 60 patients (71 %), plus fréquemment (p=0,02) pour les ostéosynthèses superficielles (87 %) que pour les ostéosynthèses profondes (56 %) ou les arthroplasties (68 %). Sur les 20 prothèses en place, 13 sur 22 (68 %) apparaissaient guéries. Pour les ostéosynthèses, en cas de conservation des implants, la guérison a été obtenue dans 60 % des cas, alors qu’après ablation partielle, qu’il y ait ou non réimplantation, elle était obtenue dans 69 % des cas et dans 92 % après ablation complète. La présence de signes d’arthrite et une infection staphylococcique sont apparues comme étant des facteurs de mauvais pronostic, de même qu’un traitement antiagrégant, le tabagisme non sevré et la nécessité d’un geste de couverture musculaire et/ou tégumentaire, l’éthylisme, l’obésité, une peau altérée, l’atteinte pluri-microbienne, la réimplantation de matériel ou un matériel encore en place. Un large lavage–débridement et l’ablation du matériel constituaient des facteurs de bon pronostic.
Conclusion |
Cette étude a permis d’identifier des facteurs de risque d’ISO en traumatologie souvent non accessibles à une prévention dans le cadre de l’urgence. Elle a identifié des terrains à risque qu’il convient de contrôler en corrigeant d’éventuelles comorbidités dans la période périopératoire. Le traitement d’une ISO avérée postopératoire doit être précoce, associant une reprise chirurgicale d’une « agressivité adaptée » à la situation à une antibiothérapie d’abord probabiliste puis ciblée en fonction de l’antibiogramme. Un lavage–débridement large et avec ablation du matériel constituent les deux gestes pour obtenir la guérison de l’ISO.
Niveau de preuve |
IV : étude rétrospective de cohorte.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Infection du site opératoire, Incident cicatriciel, Infection nosocomiale
Plan
| Cette étude a été présentée au 86e Congrès de la SoFCOT, à Paris, en novembre 2011. |
Vol 98 - N° 6
P. 612-619 - octobre 2012 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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