Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse - 16/02/08
Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse. |
Les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (NNRTI) ont un effet inhibiteur direct sur la transcriptase inverse du VIH-1 en formant une liaison réversible et non compétitive avec l'enzyme. Les NNRTI disponibles actuellement sont la nevirapine, la delavirdine et l'efavirenz ; d'autres molécules sont en cours d'évaluation. Les NNRTI sont métabolisés exclusivement au niveau hépatique par l'intermédiare du cytochrome P 450, d'où des interactions pharmacokinétiques avec certaines molécules, particulièrement des antiprotéases, dont les taux plasmatiques sont modifiés en présence de NNRTI. Les NNRTI présentent une barrière génétique faible : une mutation unique du génome de la transcriptase inverse induit une résistance phénotypique importante, interdisant l'utilisation des NNRT en monothérapie. Plusieurs essais cliniques chez des sujets naïfs ont montré la valeur des NNRTI en association avec des nucléosides et/ou des inhibiteurs de protéase. Des études préliminaires sur un faible effectif ont montré l'utilité des NNRTI pour un traitement de deuxième intention. Mais, du fait de l'émergence rapide de virus résistant à ces molécules en cas de suppression virale incomplète, il importe de ne pas ajouter des NNRTI à un traitement antirétroviral en échec. L'effet secondaire le plus fréquent avec la nevirapine et la delavirdine est l'éruption cutanée : l'incidence est similaire pour les deux molécules, mais les lésions sont plus sévères avec la delavirdine. Pour l'efavirenz, les effets indésirables les plus fréquents sont les troubles du système nerveux central, principalement les vertiges ; l'éruption cutanée, généralement moins sévère, est également moins fréquente qu'avec la névirapine et la delavirdine. Les mutations de résistance aux NNRTI portent sur les acides aminés au niveau de la ' poche ' du site de liaison NNRTI. Un haut niveau de résistance est souvent associée à une seule mutation (codons 100 - 108 et 181 - 190, en particulier). Les patients en échec avec un seul NNRTI ont souvent des mutations de résistance multiples. Il faut toujours intégrer les NNRTI dans une thérapie antirétrovirale puissante afin de supprimer la réplication virale et éviter ainsi la sélection rapide de variantes à résistance croisée.
Non-nucleosidic reverse transcriptase inhibitors. |
The non-nucleoside reverse transcriptase inhibitors (NNRTIs) directly inhibit the HIV-1 reverse transcriptase (RT) by binding in a reversible and non-competitive manner to the enzyme. The currently available NNRTIs are nevirapine, delavirdine, and efavirenz ; other compounds are under evaluation. NNRTIs are extensively metabolized in the liver through cytochrome P450, leading to pharmacokinetic interactions with compounds utilizing the same metabolic pathway, particularly PIs, whose plasma levels are altered in the presence of NNRTIs. NNRTIs are drugs with a low genetic barrier, i.e. a single mutation in RT genoma induces a high-level of phenotypic resistance, preventing the use of NNRTIs as monotherapy. In naive patients, several trials have shown the value of NNRTIs in combination with nucleosides and/or protease inhibitors. Small pilot studies have shown that NNRTIs may be useful as second-line therapy. However, due to the rapid emergence of resistant virus to these compounds in case of uncomplete viral suppression, NNRTIs should not be added to current failing antiretroviral regimen. The most common side-effect reported with nevirapine and delavirdine is rash. The incidence of rash is rather similar under these two compounds, but severe rash is less frequent with delavirdine. The most common adverse reactions reported with efavirenz are central nervous system complaints such as dizziness. Rash is reported less frequently than with nevirapine or delavirdine, and is usually mild. NNRTIs resistance mutations are located in the aminoacid residues aligning the NNRTI-binding «pocket» site. High-level resistance is often associated with a single point mutation which develops within this site (especially codon groups 100 - 108 and 181 - 190). Patients failing on one NNRTI are very likely to possess multiple NNRTI resistance mutations. NNRTIs should always be used as part of a potent antiretroviral therapy to insure suppression of viral replication, thus circumventing the rapid selection of cross-resistant variants.
Mots clés :
Non-nucleoside reverse transcriptase inhibitor.
,
NNRTI.
Keywords: Inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse. , NNRTI.
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Vol 151 - N° 4
P. 260 - août 2000 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
