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Échelles des mécanismes de défense (DMRS) - 07/10/11

Doi : 10.1016/B978-2-294-70688-2.00025-3 

Résumé des 33 mécanismes de défense du DMRS et des 8 défenses du P-DMRS.

Défenses de maturité

Ces défenses maximisent la gratification et permettent une perception consciente des sentiments, des idées et de leurs conséquences, tout en promouvant un équilibre entre les affects ou les impulsions conflictuels.

Affiliation

Le sujet se tourne vers les autres pour de l’aide ou du soutien, pour se confier afin de se sentir moins seul. Il augmente ainsi ses capacités de faire face à ses problèmes en recevant le soutien et la compréhension des autres, voire des conseils ou des aides concrètes.

Altruisme

Le sujet se dévoue pour les autres tout en réalisant partiellement ses propres besoins, recevant ainsi des gratifications partielles ou indirectes de la part des autres.

Anticipation

Le sujet anticipe psychiquement les émotions associées aux problèmes futurs ou probables, en considérant les solutions alternatives et en anticipant les réactions émotionnelles, ce qui lui permet de préparer une meilleure réponse adaptative, ainsi que d’atténuer les effets des futurs conflits et du stress.

Humour

Le sujet insiste sur les aspects comiques ou ironiques du conflit et du stress. L’humour tend ainsi à alléger les tensions en permettant aux autres de les partager et permet d’exprimer symboliquement des affects ou des désirs entravés.

Affirmation de soi

Le sujet exprime ses propres affects et pensées afin de réaliser ses objectifs, de réduire l’anxiété ou la douleur psychique associées aux facteurs conflictuels.

Observation de soi

Le sujet réfléchit à ses propres pensées, affects, motivations et comportements, ce qui lui permet de mieux se comprendre et de mieux s’adapter aux exigences de la réalité externe.

Sublimation

Le sujet dirige ses émotions et ses pulsions, jugées inacceptables ou répréhensibles, vers des objets nouveaux socialement valorisés (p. ex. le sport ou les jeux canalisant les pulsions agressives, les créations artistiques canalisant les conflits pulsionnels), ce qui lui apporte une reconnaissance ou des satisfactions sociales.

Répression

Le sujet met momentanément à l’écart des problèmes, désirs ou affects qui le gênent pour les aborder ou les résoudre au moment approprié, les faisant alors revenir à la conscience.

Défenses obsessionnelles

Ces défenses neutralisent ou minimisent les affects sans déformer la réalité externe qui y est associée.

Isolation

Le sujet est incapable d’être conscient simultanément des composantes affectives et cognitives d’une expérience parce que l’affect reste éloigné de la conscience. Le sujet n’est pas conscient du contenu émotionnel associé à une idée, tout en restant par ailleurs conscient des contenus cognitifs.

Intellectualisation

Le sujet exprime ses émotions et ses sentiments sous forme d’abstractions ou de généralisations de manière à prendre de la distance face à l’affect ou la pulsion.

Annulation rétroactive

Le sujet a des pensées ou des comportements qui ont une signification opposée à des pensées, des affects ou des comportements passés ou présents, au travers desquels il essaie d’annuler les conflits liés aux composantes originelles ; ce mécanisme correspond à un processus de réparation d’allure « magique ». Les comportements ou commentaires sont ainsi immédiatement suivis par des propos ou des attitudes qui ont un sens opposé (actes de réparation).

Autres défenses névrotiques

Ces défenses gardent le conflit ou l’agent de stress hors de la conscience et incluent deux groupes :

les défenses « hystériques » (refoulement et dissociation) qui laissent le conflit émotionnel et le stress hors du champ de la conscience ;
et les défenses « névrotiques » (déplacement et formation réactionnelle) qui permettent l’expression d’un conflit émotionnel en modifiant soit l’affect original, soit la cible.

Refoulement

Le sujet est incapable de se souvenir ou d’être conscient de conflits (désirs, sentiments, pensées ou expériences), ce qui le protège de ce qu’il éprouve ou a éprouvé ; les composantes émotionnelles sont présentes, alors que les composantes cognitives demeurent hors de la conscience.

Dissociation

Le sujet altère la fonction intégrative de la conscience ou de l’identité et un affect ou une pulsion déterminé(e) agit dans sa vie psychique sans qu’il en soit conscient, ce qui peut provoquer la perte d’une fonction ou un comportement inhabituel. Par ex : confusion, sensation de vertige, présence de symptômes physiques sans reconnaissance de ce qui pourrait être en lien avec les symptômes.

Formation réactionnelle

Face à des affects ou des pensées inacceptables, le sujet attribue un sens diamétralement opposé, ce qui lui permet d’éviter des sentiments de culpabilité.

Déplacement

Le sujet déplace une représentation ou un affect lié à un objet sur un autre objet, moins angoissant et moins conflictuel ; le conflit est ainsi déplacé sur des choses anodines.

Défenses narcissiques

Ces défenses, appelées aussi défenses par altération mineure de l’image (minor image-distorting defenses), déforment des aspects des images de soi ou de l’autre pour réguler l’estime de soi et l’humeur du sujet. L’altération n’est pas complète et aussi étendue que dans le cas des altérations majeures de l’image. Dans une version antérieure, Perry appelait également ce groupe « déni avec humeur incongruente » (déni maniaque ou dépressif).

Omnipotence

Le sujet développe, par auto-attribution de capacités ou de pouvoirs exagérés, une image de soi toute puissante et supérieure à celle des autres, ce qui le protège d’une diminution de l’estime de soi ; l’estime de soi est ainsi artificiellement gonflée, déformant l’évaluation des conflits qui s’accompagnent de sentiments contraires.

Idéalisation

Le sujet attribue des qualités exagérées à lui-même ou aux autres, ce qui lui procure une source de satisfaction ainsi qu’une protection contre les sentiments d’impuissance, en ce sens que cela lui permet de conserver une image parfaite et irréprochable de l’objet idéalisé.

Dévalorisation

Le sujet attribue des « qualités » exagérément négatives à lui-même ou aux autres, c’est-à-dire des assertions dénigrantes, sarcastiques sur soi-même ou sur les autres afin d’augmenter l’estime de soi.

Défenses par le désaveu

Ces défenses désavouent l’expérience subjective, les affects ou les pulsions du sujet pour préserver son image de soi.

Déni névrotique

Le sujet refuse de reconnaître certains aspects de la réalité externe ou de sa réalité psychique (affects et représentations) qui sont évidents pour les autres.

Projection

Le sujet attribue aux autres, sans en être conscient, ses propres sentiments, ses pulsions ou ses pensées, ce qui lui permet d’éviter de se confronter directement avec des émotions et des mobiles qui le rendraient trop vulnérable s’il admettait leur présence en lui-même.

Rationalisation

Le sujet élabore des explications rassurantes et avantageuses pour justifier ses propres comportements ou ceux des autres, les motifs véritables n’étant pas perçus par lui, afin d’éviter de prendre conscience des véritables motifs de ces comportements.

AutreFantasmatisation autistique

Le sujet se réfugie dans des rêveries éveillées excessives qui servent de substituts aux relations humaines et sociales, afin de se protéger des conflits ou permettre la satisfaction des pulsions et des désirs, obtenant ainsi des satisfactions temporaires et substitutives sans être confronté au principe de réalité.

Défenses borderline

Ces défenses, appelées aussi défenses par altération majeure de l’image (major image-distorting defenses), déforment le soi et les images de l’objet pour se conformer totalement à un sens particulier ou à un état émotionnel.

Clivage

Le sujet se décrit ou décrit les autres comme uniquement bons ou uniquement mauvais, sans réussir à intégrer dans une image cohésive les aspects positifs et négatifs de soi et des autres (descriptions contradictoires), comme si le monde était séparé en deux camps distincts, le bon et le mauvais, ce qui lui permet de réduire l’angoisse liée au processus mis en œuvre pour discerner et comprendre les attitudes et les réactions des autres.

Identification projective

La représentation de l’affect ou de la pulsion est projetée sur quelqu’un d’autre, comme si c’était réellement l’autre qui était à l’origine de l’affect ou de la pulsion. À la différence de la projection, le sujet ne nie pas le contenu de la projection et demeure conscient de l’affect qu’il attribue à l’autre ; cependant, il n’est pas conscient qu’il est à l’origine du matériel projeté.

Défenses par l’agir

Ces défenses évitent momentanément le conflit en déchargeant les émotions et les impulsions directement au travers d’une action impulsive, souvent dirigée contre les autres.

Passage à l’acte

Le sujet réagit sans réflexion ou sans tenir compte des conséquences négatives personnelles ou sociales (souvent comportements antisociaux ou autodestructeurs), ces passages à l’acte présentant des relations avec des affects ou des impulsions que le sujet ne peut pas supporter. Ceci lui permet de décharger ou d’exprimer des impulsions qui ne sont pas maîtrisables et qui sont le reflet d’événements douloureux.

Agressivité passive

Le sujet exprime d’une manière indirecte et dissimulée de l’agressivité envers les autres, en présentant, sous une façade de collaboration et de bonnes dispositions, une résistance cachée envers les autres, des sentiments d’hostilité et de ressentiment indirects et déguisés, incluant le retournement de l’agressivité contre soi.

Hypocondrie

Il s’agit de l’usage répété de plaintes par lesquelles le sujet appelle ostensiblement à l’aide, en exprimant simultanément des sentiments cachés d’agressivité ou de ressentiment à l’égard des autres sous forme de refus de toute proposition d’aide.

Défenses psychotiques (définitions provisoires)Retrait autistique

Le sujet gère ses facteurs de stress internes ou externes en se coupant de son environnement de façon nette. Ce mécanisme peut se manifester par une incapacité à entrer en relation à tous les niveaux (soi-même, autrui, monde extérieur). Cela peut impliquer une perte du sentiment de continuité de l’expérience vécue ou de continuité de soi.

Fragmentation

Le sujet gère ses facteurs de stress internes ou externes en se considérant lui-même ou/et en considérant autrui comme fragmenté en petits morceaux. La fragmentation est un processus de clivages multiples et absolus qui touchent aux représentations de soi et d’objet. Ce mécanisme constitue un moyen qui permet au sujet de se couper de la réalité interne et/ou externe en la/les morcelant.

Déni psychotique

Le sujet refuse de reconnaître certains aspects de la réalité de son expérience (interne) et de la réalité externe (un objet physique ou un événement relationnel). Le déni psychotique implique une altération majeure de l’appréciation de la réalité. Typiquement, dans le discours du patient, il s’agit de faits dont il devrait être évident que le patient tient compte et qui sont absents.

Distorsion

Le sujet gère ses facteurs de stress internes ou externes en remodelant la réalité interne et/ou externe. La distorsion peut présenter trois formes : maniaque, dépressive, désorganisée. Ce mécanisme peut se manifester de diverses façons : un récit, des croyances ou des éléments qui peuvent infiltrer du matériel hallucinatoire ou délirant.

Projection délirante

Le sujet gère ses facteurs de stress internes ou externes en attribuant ses propres besoins et attitudes à un objet interne et/ou externe. Cela inclut à la fois la perception de ses propres émotions chez quelqu’un d’autre et le fait d’agir ensuite en fonction de cette perception, et la perception des autres ou de leurs émotions comme littéralement à l’intérieur de soi-même. La projection psychotique peut se rencontrer dans le délire, les hallucinations et dans les projections rigides des paranoïaques.

Concrétisation

Le sujet gère ses facteurs de stress internes ou externes en traitant les représentations qui lui sont associées comme une situation ou un objet concret. Cette forme concrète ne survient pas au hasard et l’observateur peut lui donner un sens en lien avec la représentation initiale.



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