387 Kératites parasitaire et mycotique rapidement évolutives nécessitant une kératoplastie en urgence : à propos de 2 cas - 14/05/09
Parasitic and mycotic keratitis requiring an emergency keratoplasty: 2 case reports
Résumé |
Introduction |
Les kératoplasties transfixiantes en urgence sont d’indication exceptionnelle. Nous rapportons le cas de 2 patientes greffées « à chaud » pour un abcès cornéen unilatéral sévère d’aggravation rapide.
Matériels et Méthodes |
La patiente 1, déjà opérée de kératoplastie transfixiante un an plus tôt pour décompensation endothéliale sur cornea guttata, s’était présentée avec une kératopathie microcristalline asymptomatique s’étant rapidement ulcérée puis abcédée. La patiente 2, porteuse de lentilles rigides pour myopie forte (– 11D), nous était adressée pour ulcère abcédé. En hospitalisation, après réalisation de prélèvements cornéens, ces 2 patientes ont pu bénéficier de traitements antibiotiques par voie générale et par collyres fortifiés, ainsi que 2 greffes de membrane amniotique humaine sans résultat. La patiente 1 a évolué vers une nécrose cornéenne à la jonction greffon-lit receveur ; la patiente 2 a vu son abcès s’agrandir. La décision d’une kératoplastie transfixiante en urgence a été prise devant l’apparition d’une perforation secondaire de leur cornée.
Résultats |
Un aspergillus niger découvert en culture en mycologie s’est révélé être l’agent pathogène chez la patiente 1. Chez la patiente 2, la culture en parasitologie a retrouvé une contamination de la lentille de contact rigide par un acanthamoeba. La kératoplastie de la patiente 1 a été un succès et la patiente 2 a dû subir une nouvelle greffe de cornée à distance devant l’évolution déficitaire du premier greffon.
Discussion |
La rapidité de prise en charge des kératopathies parasitaires et mycotiques conditionne le pronostic final. La kératite à acanthomoeba de la patiente 2 pouvait évoquer une infection herpétique. De même, la kératopathie microcristalline de la patiente 1 dans un contexte de greffe sous corticothérapie locale au long cours, était suspecte d’infection à streptococcus viridens. Dans ces deux cas, un traitement adapté n’a pu être débuté qu’après confirmation biologique entraînant un retard diagnostique et donc thérapeutique délétère pour les patientes.
Conclusion |
Il est primordial de reconnaître les signes cliniques d’une kératite atypique imposant une réflexion dans la stratégie thérapeutique. La kératoplastie transfixiante en urgence a donné de très bons résultats anatomiques. Elle reste cependant l’ultime recours en cas d’infection cornéenne non contrôlée, et expose l’œil à un risque de complications non négligeables.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 32 - N° S1
P. 1S124 - avril 2009 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.