Facteurs limitants de la performance en haute altitude : opération Everest III, Comex'97 - 01/01/03
J.-P.
Richalet
*
*Auteur correspondant.
| pages | 5 |
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Résumé |
Objectifs - L'objectif de l'opération « Everest III, Comex'97 » était d'évaluer les mécanismes physiologiques, psychologiques et pathologiques mis en jeu lors d'une exposition prolongée et progressive à une altitude extrême, jusqu'à 8848 m (altitude de l'Everest).
Méthodes - Huit sujets masculins (23 à 37 ans) ont été étudiés en normoxie, puis, après une période de 6 j de pré-acclimatation à 4350 m, dans le caisson hypobare (Comex SA, Marseille) où ils sont restés 31 j, en passant progressivement de 5000 à 8848 m. Dix-huit protocoles réalisés par 14 équipes de recherche ont exploré divers aspects de l'acclimatation à la haute altitude.
Résultats - La baisse du volume plasmatique est l'un des facteurs limitants de la performance physique en altitude, comme en témoigne l'augmentation de 9 % de VO2max à 6000 m sous perfusion de 300 ml d'hydroxyethylamidon. Les réponses ventilatoires et cardiaques à l'hypoxie à l'exercice évoluent de façon inverse avec l'exposition prolongée à l'altitude : augmentation de la réponse ventilatoire et diminution de la réponse cardiaque. L'autorégulation de la circulation cérébrale est altérée au-delà de 7000 m. La fonction ventriculaire gauche est conservée jusqu'à 8000 m, malgré une élévation importante de la pression artérielle pulmonaire. La relaxation ventriculaire est altérée, peut-être du fait d'une gêne au remplissage ventriculaire. La baisse de l'ingestion alimentaire contribue à la perte de poids (5,4 kg en moyenne). Les habitudes alimentaires se modifient, avec des repas plus courts et plus fréquents, une attirance pour les aliments diminuée. La lipolyse du tissu adipeux est inhibée, suggérant, comme pour les récepteurs adrénergiques cardiaques, une désensibilisation liée à une modification des protéines G. Peu d'altérations psychologiques semblent se manifester en dessous de 6500 m d'altitude. Cependant, des troubles de l'humeur et un haut niveau d'anxiété ont été relevés et corrélés à d'autres paramètres physiologiques ou psychométriques.
Conclusion - L'organisme humain est capable de développer des mécanismes d'ajustement très efficaces pour combattre une hypoxie sévère (PO2 artérielle de 30,6 mmHg à 8848 m). Ces mécanismes permettent une vie au repos quasi normale, mais n'empêchent pas une diminution considérable des capacités physiques (VO2max moyenne diminuée de 59 % à 7000 m). Les capacités mentales sont également diminuées, mais seulement au-delà de 6500 m.
Mots clés : Altitude ; Hypoxie ; Acclimatation ; Mal aigu des montagnes ; Everest.
Abstract |
Objectives - Operation Everest III (Comex'97) was performed to evaluate the physiological, psychological and pathological mechanisms induced by a prolonged exposure to extreme altitude, up to 8,848 m (altitude of Mount Everest).
Methods - Eight male subjects (23 to 37 years old) have been studied in normoxia, then, after 6 d of acclimatization at 4350 m, in a hypobaric chamber (Comex SA, Marseille) where they stayed 31 d, from 5000 m to 8848 m of simulated altitude. Eighteen protocols, from 14 scientific teams, have explored various aspects of acclimatization to extreme altitude.
Results - The decrease in plasma volume is one of the factors involved in the reduction of physical performance, as witnessed by the 9% increase in VO2max at 6000 m under infusion of 300 ml hydroxyethylamidon. Ventilatory and cardiac responses to hypoxia at exercise have an opposite trend, with an increase in ventilatory and a decrease in cardiac response. Autoregulation of cerebral circulation is altered above 7000 m. Left ventricular function is maintained up to 8000 m, in spite of an important increase in pulmonary artery pressure. Ventricular relaxation is altered, probably because of altered ventricular filling. The decrease in food intake contributes to the loss of body weight (mean of 5.4 kg). Nutritional habits are modified, with shorter and more frequent meals and a decreased interest for food. Lipolysis in fat tissue is blunted, suggesting, like for cardiac adrenergic receptors, a desensitization linked to a change in G proteins. Few psychological alterations were observed below 6500 m. However, changes in mood state and a high level of anxiety have been noticed and correlated to other physiological or psychometric parameters.
Conclusion - Human body is able to develop adequate responsive mechanisms to oppose the severe hypoxia (mean arterial PO2 of 30.6 mmHg at 8,848 m). Mental capacities are also slightly diminished, but only above 6500 m.
Mots clés : Altitude ; Hypoxia ; Acclimatization ; Acute mountain sickness ; Everest.
Plan
Vol 18 - N° 1
P. 11-15 - février 2003 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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