133 - Chirurgie réfractive des greffes de cornée - 23/04/09
JJ* SARAGOUSSI
Introduction : Le pronostic fonctionnel des greffes de cornée transfixiantes est parfois grevé par les erreurs réfractives résultant des caractéristiques biométriques du greffon et des conditions de cicatrisation au niveau de l’anneau limitant.
Matériels et méthodes : Revue de cas cliniques illustrant les différents moyens chirurgicaux permettant de réduire ou de corriger les erreurs réfractives postopératoires.
Observations : Les photoablations cornéennes permettent de réduire les erreurs sphérocylindriques. Le Lasik représente la technique de choix car, en limitant la réaction cicatricielle, il stimule moins les risques de rejet immunologique. Les particularités chirurgicales sont représentées par une difficulté à bien centrer le volet avec un microkératome, et à obtenir une découpe satisfaisante au niveau de l’anneau limitant avec le laser Femtoseconde. Les indications sont limitées par l’amétropie à corriger, la pachymétrie et la kératométrie.
Les incisions arciformes relaxantes dans le greffon permettent de réduire de forts astigmatismes malgré une prévisibilité de résultat faible. La technique est grandement simplifiée et sécurisée par l’utilisation du laser Femtoseconde. Lasik et incision relaxantes peuvent être des techniques complémentaires.
Les segments d’anneaux intracornéens trouvent des indications possibles dans les ectasies secondaires évolutives. Les indications sont cependant conditionnées par le diamètre et le centrage du greffon. L’anneau limitant peut représenter un obstacle à la réalisation du tunnel avec un laser Femtoseconde.
Les implants intraoculaires phakes peuvent corriger de fortes amétropies sphériques, mais aussi des astigmatismes réguliers grâce aux implants toriques. Le risque endothélial pour le greffon doit être bien évalué dans le choix de l’indication.
Discussion : La chirurgie réfractive des greffes de cornée pose des problèmes particuliers d’indications. Celles-ci doivent être discutées au cas par cas en prenant en compte la nature et le degré de l’amétropie, le caractère régulier ou non d’un astigmatisme. L’exploration complémentaire indispensable comprend la topographie cornéenne, la pachymétrie par ultrasons ou OCT de segment antérieur, la microscopie spéculaire. Un arbre décisionnel des indications est proposé en fonction de ces différents critères cliniques.
Conclusion : La chirurgie utilisée à bon escient, est un moyen efficace de réduire les erreurs réfractives postopératoires pour rendre plus efficace une compensation optique par lunettes ou lentilles de contact.
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Vol 32 - N° HS1
P. 54 - avril 2009 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.