Impact à long terme du microbiote précoce du prématuré, implications pour l’allergie aux protéines du lait de vache - 24/03/25

Résumé |
Prérequis/Contexte |
L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est un problème majeur de santé publique qui touche jusqu’à 5 % des enfants. Des associations entre microbiote intestinal et APLV ont été mises en évidence, cependant le rôle spécifique du microbiote intestinal néonatal reste mal compris. Les grands prématurés présentent un microbiote peu diversifié avec une composition aberrante par rapport à celui des enfants nés à terme et peuvent, à 1 mois de vie, être regroupés en 6 enterotypes [1].
Objectifs |
Notre objectif est d’étudier l’influence de la primocolonisation par ces différents enterotypes sur l’établissement du microbiote, la maturation immunitaire et le risque allergique.
Méthodes |
Nous avons travaillé avec deux enterotypes de grands prématurés. Le premier est caractérisé par un microbiote assez diversifié, dominé par E. coli (M-Ecoli), le second par un microbiote peu diversifié dominé par Staphylococcus (M-Staph). Nous avons suivi des souris gnotobiotiques colonisées dès la naissance par ces microbiotes jusqu’à l’âge adulte. Une diversification du microbiote a été effectuée avant le sevrage. À partir de l’âge de 5 semaines, les souris ont été sensibilisées par voie orale, une fois par semaine pendant 5 semaines avec des protéines de lactosérum et la toxine cholérique, suivies d’une provocation orale avec de la bêta-lactoglobuline. Les réponses immunitaires ont été évaluées par un marqueur de dégranulation des mastocytes, les marqueurs de sensibilisation et des dosages de cytokines.
Résultats/Discussions |
Après la diversification, l’établissement du microbiote suit des trajectoires différentes en fonction de la colonisation initiale M-Staph ou M-Ecoli. Les souris colonisées initialement par M-Ecoli ont un statut atopique plus important que les souris colonisées par M-Staph. Elles ont présenté une réponse allergique plus importante : la dégranulation des mastocytes a été significativement plus importante chez les souris M-Ecoli et s’est accompagnée d’une modification de la production de cytokines plasmatiques (IL-2 et IL17).
Conclusion |
Le microbiote neonatal laisse une empreinte durable sur l’hôte et influence le risque allergique, malgré une diversification précoce.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 65 - N° S
Article 104260- avril 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
