Érythème pigmenté fixe induit par les anti-inflammatoires non stéroïdiens : expérience du centre régional de pharmacovigilance de Sousse - 24/03/25
, B. Dridi 1, B. Ouni 1, K. Baccouche 2, D. Sahnoun 1, M. Agrebi 1, N. Fathallah 1, C. Ben Salem 1Résumé |
Prérequis/contexte |
L’érythème pigmenté fixe (EPF) est une dermatose d’origine essentiellement médicamenteuse. Les formes cliniques d’EPF varient d’une lésion unique pigmentée à des lésions bulleuses plus étendues voire des tableaux de pseudo-Lyell. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens(AINS) sont parmi les médicaments les plus inducteurs d’EPF. Le test cutané est un outil anodin pour confirmer l’imputabilité médicamenteuse essentiellement en cas de polymédication et d’absence d’épisodes antérieures d’EPF.
Objectifs |
Décrire le profil épidémioclinique et évolutif de l’EPF aux AINS, et évaluer l’apport des tests cutanés dans le diagnostic positif.
Méthodes |
Étude descriptive rétrospective monocentrique concernant tous les cas d’EPF induits par les AINS notifiés au service de pharmacovigilance de Sousse sur une période de 10 ans (2015–2024).
Résultats/discussions |
Nous avons recensé 28 cas d’EPF aux AINS. L’âge moyen des patients était de 48,96±16 ans. Le sexe-ratio H/F=0,65. Au total, 71,4 % des patients avaient un antécédent de poussées antérieures d’EPF. Le délai d’apparition des lésions après la prise médicamenteuse était de 32heures (extrêmes : 1h–6jours). Il s’agissait d’une automédication chez 46,4 % des patients. La forme commune d’l’EPF présentait 57,1 % des cas et les lésions bulleuses étaient présentes dans 42,8 % des cas. L’atteinte muqueuse était présente dans 7 cas. Les oxicams étaient les AINS les plus incriminés (53,6 %) suivis par les fénamates (35,7 %). Les patch tests réalisés chez 23 patients (82,1 %) sont revenus positifs chez 11 patients (47,8 %). La recherche de réactivité croisée entre les AINS moyennant des PT auprès 8 patients était positive dans 6 cas. L’imputabilité des AINS selon l’algorithme de Naranjo était certaine dans 57,2 % des cas, et probable dans 42,8 % des cas. L’évolution était favorable à l’arrêt du médicament incriminé dans tous les cas. Vingt-cinq patients (89,3 %) ont gardé des plaques séquellaires à type d’hyperpigmentation.
Conclusion |
L’EPF est une toxidermie bénigne mais la réexposition au médicament causal peut conduire à une généralisation des lésions. L’enquête de pharmacovigilance et les tests cutanés permettent d’identifier le médicament causal afin de prévenir les récidives et les formes sévères.
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Vol 65 - N° S
Article 104478- avril 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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