Le désencombrement bronchique n’a pas d’effet sur l’alimentation des nourrissons hospitalisés pour une bronchiolite modérée : un essai contrôlé randomisé en double aveugle - 06/03/25
, Margaux Machefert a, b, Mélody Couet c, Tristan Bonnevie d, Francis-Edouard Gravier d, Timothée Gillot c, e, Pascal Le Roux f, Roger Hilfiker g, Clément Medrinal a, b, Guillaume Prieur a, bRésumé |
Introduction |
Environ 10 % des nourrissons atteints de bronchiolite peuvent nécessiter une hospitalisation. Les traitements, médicamenteux ou non, visant à réduire les symptômes n’ont pas montré de preuve de leur efficacité. Le désencombrement bronchique (DB) n’est plus recommandé en France à l’hôpital sauf cas particuliers. D’après la dernière méta-analyse de la Cochrane, le DB pourrait transitoirement diminuer les symptômes respiratoires chez les enfants peu sévères mais l’impact potentiel de cette diminution sur un critère clinique central : l’alimentation, n’a pas été étudiée.
Matériel et méthodes |
Cet essai contrôlé randomisé a inclus des nourrissons hospitalisés avec une bronchiolite modérée au moment de l’évaluation, âgés de 1 à 12 mois, dont la durée de séjour à l’hôpital était<24h, nourris au biberon ou diversifiés et avec une prescription de DB par un médecin non impliqué dans l’étude. Les 2 groupes ont reçu une instillation nasale et un désencombrement rétrograde rhinopharyngé (DRPR) à l’inclusion. Le groupe expérimental a bénéficié d’une séance de DB de 10minutes comprenant une expiration lente prolongée et des DRPR sans instillation et une toux non provoquée ciblée. Au cours des 24h de suivi, les 2 groupes ont bénéficié d’une instillation nasale avant chaque alimentation par les parents ou les infirmières et d’une éducation parentale. Le critère de jugement principal était l’ingestion de nourriture (en % de l’ingestion habituelle). Les critères secondaires étaient la sévérité clinique, la fréquence respiratoire, la fréquence cardiaque et la saturation pulsée en oxygène mesurées 5min, 30min et 24h après l’intervention. Le nombre d’épisodes de vomissements et la qualité du sommeil ont aussi été enregistrés.
Résultats |
De janvier 2019 à décembre 2022, 42 nourrissons ont été randomisés (âge : 5,0 [± 2,9] mois). Le DB n’a pas amélioré l’ingestion de nourriture (estimation : +1,8 % (IC 95 %–7,0 à 10,6 ; p=0,68). La sévérité clinique, la mécanique respiratoire, les vomissements et la qualité du sommeil après l’intervention n’étaient pas différents entre les groupes.
Discussion/Conclusion |
Le DB n’a pas amélioré l’alimentation ou l’évolution de la bronchiolite sur 24h chez des enfants hospitalisés pour une bronchiolite modérée. Cette étude conforte les recommandations actuelles francophones et montre que même si un bénéfice transitoire peut parfois être constaté dans des études, celui-ci ne semble pas suffisant pour faire une différence clinique importante.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Alimentation, Bronchiolite, Kinésithérapie respiratoire
Plan
Vol 25 - N° 279
P. 72-73 - mars 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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