Le dépistage du VIH: les techniques, les failles, les enjeux - 12/02/25
Résumé |
En France le dépistage de l'infection VIH peut être réalisé au laboratoire à partir d'un prélèvement veineux par des techniques ELISA 4G qui détectent les anticorps anti-VIH-1 et 2 et l'antigène P24 du VIH-1 ou à l'aide de tests rapides d'orientation diagnostique (TROD) et d'autotests sur sang capillaire qui ne détectent que les anticorps anti-VIH 1 et 2. Au cours d'une primo-infection VIH la chronologie d'apparition des marqueurs virologiques d'infection est décrite dans la classification de Fiebig. En l'absence d'antirétroviraux (ni pré-prophylaxie, ni traitement post-exposition) l'ARN du virus (charge virale) est détectable environ une semaine (5 à 10 jours) après la contamination, suivi de l'AgP24 une semaine plus tard. La séroconversion débute par la mise en évidence des anticorps anti-GP41 environ une semaine plus tard. Les recommandations françaises de 2024 indiquent qu'il est possible de conclure à l'absence d'infection après une exposition qu'après un délai de six semaines en cas d'ELISA 4G négatif et de trois mois en cas de TROD négatif. Ces délais sont trop longs ; la fiabilité des techniques ELISA et TROD est telle qu'un diagnostic sûr de non infection peut être affirmé respectivement un et deux mois après la prise de risque.
Le rapport de Santé publique France de Novembre 2023 rapporte que 43 % des nouvelles infections étaient des diagnostics tardifs (stade sida ou taux de CD4 < 350/mm3 hors primo-infection) et 28 % à un stade avancé de l'infection (stade sida ou < 200/mm3 hors primo-infection). L’épidémie « cachée » est donc toujours bien présente en France et les « occasions manquées » sont encore nombreuses. Il existe une proposition de loi visant à proposer un dépistage systématique du VIH et des IST lors des consultations de prévention aux trois âges clés de la vie (25, 45 et 65 ans).
Des données récentes de la littérature montrent également l'intérêt de proposer systématiquement la recherche des 3 virus : VIH, VHB et VHC responsables d’épidémies touchant respectivement 39,296 et 58 millions d'individus à la surface du globe. L’éradication de ces infections virales demande impérativement un renforcement du dépistage.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 4 - N° 1S
P. S9 - février 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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