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Politiques des drogues et stigmatisation: penser et agir autrement - 12/02/25

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2025.01.052 
J.-S. Fallu
 Université de Montréal, Montréal, Canada 

Auteur correspondant :

Résumé

L'usage de drogues, inscrit dans la culture humaine depuis toujours, est source de débats, souvent influencés par des biais politiques et idéologiques. Le regard sur les substances psychoactives diffère selon les époques et contextes sociaux, influençant les perceptions sur leur dangerosité. Cette évolution normative des représentations sociales affecte directement la législation et la stigmatisation associées aux substances, lesquelles varient selon le statut de l'utilisateur et l'usage fait des substances. Par exemple, une substance médicale prescrite peut être perçue comme une « drogue » si consommée à des fins récréatives. L'évolution des normes sociales contribue également à des changements de législation, comme la décriminalisation partielle du cannabis.

La « loi de l'effet », principe clé en pharmacologie, explique que les effets d'une substance dépendent de l'interaction entre ses propriétés, les caractéristiques individuelles de l'utilisateur, et le contexte de consommation. Les raisons pour lesquelles les individus consomment sont variées (socialisation, gestion des émotions, curiosité, etc.) et souvent motivées par des besoins psychologiques ou sociaux fondamentaux. Cette diversité de motifs montre que l'usage de substances existe sur un spectre allant de l'abstinence à la consommation problématique, en passant par des usages non problématiques ou bénéfiques. La majorité des consommateurs ne souffrent pas de conséquences négatives importantes, bien que certaines personnes puissent connaître des effets délétères, souvent liés à des conditions de consommation (exemple: mode, fréquence) plus qu'à la substance elle-même.

La notion de dangerosité des drogues est complexe et ne se limite pas à la substance en tant que telle; elle est influencée par leur statut légal et les modes et contextes de consommation. Le tabac et l'alcool, bien que légaux, présentent des risques élevés, souvent plus importants que ceux de substances illégales. Les politiques de prohibition, fondées sur des critères souvent politiques ou racistes, renforcent la dangerosité perçue et ajoutent des risques liés à l'absence de contrôle qualité des produits. En effet, le statut juridique des substances n'est pas toujours corrélé à leur niveau de danger réel, ce qui mène aussi à des effets pervers pour les jeunes, notamment par la stigmatisation.

La stigmatisation des utilisateurs, identifiée comme un déterminant social de santé, isole les individus et crée des obstacles à l'aide et aux soins. Adopter un langage non stigmatisant et favoriser l'inclusion sociale sont essentiels pour réduire ces effets néfastes. Dans ce contexte, le « trouble de l'usage de substances » (TUS) est abordé comme un continuum influencé par divers facteurs, dont biologiques, psychologiques et sociaux. Ce trouble affecte davantage les personnes issues de milieux défavorisés ou vulnérables, démontrant l'importance d'une approche compassionnelle et de soutien, en particulier pour les jeunes.

Enfin, le « paradoxe de la prohibition » nous enseigne que la relation entre les différentes politiques d'encadrement des drogues et les dommages individuels et collectifs est curvilinéaire; les politiques de prohibition pures et dures et celles, à l'opposée, de libéralisme total sont celles produisant le plus de dommages et les politiques axées sur la santé publique, dans le contexte d'un marché défini et encadré par les États, en produisant le moins.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots-clés : drogues, stigmatisation, politiques, représentations sociales



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