S'abonner

Fièvre de la Vallée du Rift : point de vue épidémio-clinique - 12/02/25

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2025.01.047 
E. Javelle
 Institut de Recherche Biomédicale des Armées, Marseille, France 

Auteur correspondant :

Résumé

La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une zoonose arbovirale initialement décrite au Kenya en 1931 lors d'une épidémie humaine de 200 cas [1]. Elle est due à un Phlebovirus de la famille Phenuiviridae de l'ordre des Bunyavirales, isolé en 1944 en Ouganda [2]. Le virus a progressivement diffusé sur le continent africain avant d'en sortir, touchant Madagascar où une première épidémie humaine a été notifiée en 1990 [3] et la péninsule arabique en 2000, avec 2000 cas et 240 décès estimés en Arabie Saoudite et au Yémen [4]. Une trentaine de pays ont à ce jour déclaré des cas animaliers et/ou humains sous la forme de foyers ou de flambées épidémiques, avec une probable nette sous-détection [5].

L’épidémiologie de la FVR est complexe, elle se caractérise par l'hétérogénéité des réservoirs animaliers sauvages (antilopes, grands cerfs, reptiles, etc.) et domestiques (bovins, caprins, etc.) qui sont mondialement distribués et pas tous identifiés ; la diversité des vecteurs qui incluent au moins 50 espèces de moustiques en particulier du genre Aedes et Culex, mais aussi d'autres arthropodes; et la multiplicité des voies de contamination de l'Homme qui peut s'infecter par piqure de moustique, par contact direct avec les animaux, par contact indirect avec des objets infectés, par aérosolisation lors d'activité à risque comme l'abattage ou la mise-bas, ou encore par l'ingestion de produits animaliers dérivés insuffisamment cuits.

L'infection chez l'Homme est souvent inapparente ou bénigne, se limitant à un syndrome grippal. Cependant des formes graves parfois mortelles peuvent apparaître de manière immédiate ou différée, en particulier une atteinte rétinienne mettant en jeu le pronostic visuel (0,5 à 10 % des cas symptomatiques), une méningo-encéphalite (2 à 4 %) ou une fièvre hémorragique (1 %).

À Mayotte, les dix premiers cas humains ont été diagnostiqués rétrospectivement entre septembre 2007 et mai 2008 sur des sérums de patients fébriles, après qu'un premier cas humain a été identifié en août 2007 aux Comores [6]. Puis une épidémie mahoraise a eu lieu en 2018-2019 avec 126 foyers animaliers, 143 cas humains notifiés, et aucun décès [7]. L'introduction du virus s'est probablement faite par l'importation d'animaux vivants contaminés [8] à Mayotte, qui abrite au moins 45 espèces de moustiques [9], dont 4 (Aedes aegypti, Aedes albopictus, Anopheles gambiae, Eretmapodites subsimplicipes) ont été démontrées compétentes pour transmettre le virus de la FVR [10].

Les axes majeurs de contrôle de la dissémination et de la persistance de la FVR incluent : la vaccination des animaux à risque, la surveillance vétérinaire pour une détection et une confirmation précoce des cas animaliers, l'abattage sanitaire, le contrôle des déplacements des animaux, la lutte antivectorielle, les mesures de biosécurité individuelle visant à limiter l'exposition humaine au réservoir et aux vecteurs du virus (hygiène des mains et équipements de protection lors de la manipulation d'animaux ou de leurs tissus, et de l'abattage, cuisson des produits animaliers, protection individuelle contre les piqûres de moustiques) et l'information du grand public.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots-clés : fièvre de la Vallée du Rift, zoonose, arbovirose, humaine


Plan


© 2025  Publié par Elsevier Masson SAS.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 4 - N° 1S

P. S23-S24 - février 2025 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • La fièvre de la vallée du Rift à Mayotte du point de vue du vétérinaire
  • L. Dommergues, C. Youssouffi
| Article suivant Article suivant
  • La maladie peste et la surveillance des risques d'introduction dans les îles du Sud-Ouest de l'Océan Indien
  • M. Harimalala

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.

Déjà abonné à cette revue ?

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.


Tout le contenu de ce site: Copyright © 2025 Elsevier, ses concédants de licence et ses contributeurs. Tout les droits sont réservés, y compris ceux relatifs à l'exploration de textes et de données, a la formation en IA et aux technologies similaires. Pour tout contenu en libre accès, les conditions de licence Creative Commons s'appliquent.