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Point d’étape de la recherche sur la dengue à La Réunion - 12/02/25

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2025.01.041 
A. Bertolotti 1, 2, , O. Maillard 2, P. Gérardin 2
1 CHU Réunion, Service des Maladies Infectieuses - Dermatologie, Saint Pierre, La Réunion, France 
2 Inserm CIC1410, CHU Réunion, Saint Pierre, La Réunion, France 

Auteur correspondant :

Résumé

La dengue est transmise à l'homme par piqûre de moustique, principalement de l'espèce Aedes aegypti mais aussi de l’Ae. albopictus. Le virus responsable de la maladie, compte quatre sérotypes distincts mais étroitement apparentés (DENV-1, DENV-2, DENV-3 et DENV-4). La guérison entraîne une immunité à vie contre le sérotype à l'origine de l'infection. En revanche, l'immunité croisée contre les autres sérotypes après guérison n'est que partielle et génère des anticorps facilitant à risque de dengue sévère. La maladie est aujourd'hui endémique dans plus de 100 pays, principalement en zone tropicale, mais en 2023, les premiers cas autochtones ont été décrits à Paris. La Réunion, depuis 2018 a été le siège de plusieurs vagues épidémiques de dengue. Il s'agissait initialement du sérotype de type 2 dont le lien phylogénétique était proche de celui des Seychelles. À partir de 2020, le sérotype 1 est devenu majoritaire. Son lien phylogénétique était par contre plus proche de souches chinoises. Diverses cohortes ont été constituées sur l’île. Une cohorte prospective de 163 patients en 2019 a permis de décrire le polymorphisme des formes de dengue. Elle a également montré que dans une population naïve de dengue, il fallait au moins deux signes d'alerte selon l'OMS pour prédire une dengue sévère contre un en zone d'endémie. La durée avant l'hospitalisation, l'origine ethnique européenne et les antécédents cardio-vasculaires étaient les principaux facteurs associés à une dengue sévère. Une étude par questionnaire auprès de patients atteints de dengue et suivis en médecine générale, identifiait que les patients avec une hydratation de moins de cinq verres (1183 mL) par jour étaient plus à risque d'une hospitalisation. Une cohorte rétrospective de 846 patients avec une dengue confirmée par PCR a permis d’étudier plusieurs groupes : (i) les personnes âgées faisaient plus souvent des formes de dengue avec atteinte respiratoire, (ii) les atteintes pulmonaires de la dengue étaient très variées (syndrome alvéolaire, bronchique, interstitiel, épanchement, etc.), (iii) la symptomatologie des enfants était marquée par une atteinte cutanée plus fréquente que chez les adultes, (iv) l'atteinte cutanée était extrêmement variée (prurit, érythème localisé, diffus, généralisé, palmoplantaire, vésiculeux, purpura, atteinte des muqueuses, ictère, etc.), (v) le diabète était un facteur de risque chez les sujets jeunes hommes surtout, mais une fois l’âge avançant il s'entremêle avec les autres comorbidités, (vi) dans une co-épidémie de dengue et de leptospirose, la CRP > 50 mg/l orientera préférentiellement vers une leptospirose. À partir de 2020, des formes ophtalmologiques sont apparues, touchant surtout des femmes jeunes huit à dix jours après les premiers symptômes de dengue. Les séquelles à un an étaient encore très nettes chez plus de la moitié des patients. De nombreux autres travaux sont en cours de réalisation, que ce soit chez les femmes enceintes, les immunodéprimés, les épidémies de 2021 à 2024, mais aussi sur les nombreux échantillons collectés lors des recueils prospectifs. L'arrivée de la vaccination ouvre également de nombreux nouveaux volets de recherche.

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Vol 4 - N° 1S

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  • Étude de la diversité génétique du virus de la dengue à La Réunion de 2012 à 2022. Liens avec les pays de la zone de l'océan Indien et de l'Asie
  • É. Frumence, N. Traversier, M-C. Jaffar-Bandjee

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