Coordination de la riposte contre le choléra à Mayotte - Retour d'expérience de l’épidémie de choléra à Mayotte, 2024 - 12/02/25
Résumé |
La présentation décrit la stratégie de l'ARS pour coordonner la riposte contre l’épidémie de choléra à Mayotte. Cette stratégie repose sur trois axes principaux: le renforcement de la surveillance, l'organisation de la prise en charge des patients, et le déploiement d'actions de terrain pour interrompre les chaînes de transmission.
En 2024, l'ARS a adopté une approche proactive en phase pré-épidémique, incluant des mesures de prévention, une gestion rigoureuse des cas confirmés et un contrôle environnemental. Le processus comprend l'isolement des cas, le traitement des contacts, la vaccination autour des foyers de contamination, ainsi que la désinfection des zones affectées.
Le système de surveillance a été renforcé par plusieurs mesures: la traçabilité des voyageurs pour détecter rapidement les cas potentiels; le déploiement d'un dispositif de surveillance à base communautaire permettant de recenser les cas de diarrhée et de déshydratation à domicile ou dans des points de collecte; et la mise en place d'une ligne de régulation dédiée pour assurer une réponse rapide aux signalements.
La prise en charge des patients a été organisée via une filière dédiée utilisant des ambulances et des véhicules spécialisés (SMUR et SDIS) pour transporter les patients tout en minimisant le risque de contagion. La vaccination des professionnels de santé en première ligne a été mise en œuvre pour limiter la transmission, et une unité de traitement spécifique a été déployée au Centre Hospitalier de Mayotte pour isoler les cas de choléra.
Pour limiter la propagation du choléra, des équipes d'intervention rapide ont été formées et mobilisées afin de mener des investigations médicales, d'identifier les contacts proches des cas confirmés, et de repérer les sources potentielles de contamination. Les contacts proches ont reçu un traitement prophylactique, et la vaccination préventive a été proposée aux habitants des quartiers touchés. Des équipes de désinfection sont intervenues dans les domiciles dans les 24 heures suivant la détection d'un cas, et dans un rayon de 50 mètres autour du foyer. Des kits d'hygiène ont été distribués aux foyers concernés pour encourager de bonnes pratiques d'hygiène et faciliter la désinfection en cas de réapparition de symptômes. Au total, 99 % des 219 cas identifiés ont été désinfectés cela a été permis par l'instauration d’équipes d'astreintes pouvant intervenir sept jours sur sept d'avril à septembre.
Les associations de promotion de la santé ont sensibilisé la population aux pratiques sanitaires, installé des dispositifs de lavage des mains, et participé aux campagnes de vaccination préventive. Des points d'eau potable ont été aménagés à proximité des quartiers et des centres de dépistage ont été créés dans les zones de forte circulation pour faciliter l'accès aux soins.
Les facteurs de risque identifiés ont permis de cibler et vacciner 35 000 personnes, en tenant compte des habitats précaires, de l'utilisation d'eau de surface, et de la densité de population. Le succès de la campagne a reposé sur l'engagement des collectivités dans l'organisation, le soutien de 35 associations de quartier pour informer et mobiliser la population, et la proximité des stands de vaccination ou des équipes mobiles assurant une accessibilité au plus proche des habitations.
L'ARS s'efforce de bâtir une réponse durable et autonome en formant les acteurs locaux aux pratiques de prévention et de désinfection. L'accès à l'eau potable reste une priorité, soutenu par des initiatives visant à améliorer les infrastructures dans les zones vulnérables.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : choléra, surveillance à base communautaire, riposte, Mayotte, épidémie
Vol 4 - N° 1S
P. S19 - février 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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