Spécificités de l'infectiologie pédiatrique à Mayotte : autour du staphylocoque doré - 12/02/25
Résumé |
Introduction |
Du fait d'un seuil de pauvreté élevé, les conditions sanitaires à Mayotte restent très précaires par rapport aux autres départements français et se rapprochent davantage de celles du continent Africain. Par conséquent, les maladies infectieuses en pédiatrie diffèrent sur de nombreux points par rapport à l'hexagone. Dans notre expérience au Centre hospitalier de Mayotte, la prévalence d'infection à Staphylocoque Aureus (SA) producteur de toxine Leucocidine de Panton Valentin (LPV) est tellement importante, qu'elle doit être évoquée devant chaque tableau infectieux sévère et une antibiothérapie précoce doit être débutée.
Matériels et Méthodes |
Nous avons présenté les différents travaux réalisés dans le service de pédiatrie sur les infections à staphylocoque aureus, dont deux études rétrospectives. La première réalisée en 2021 décrit l’épidémiologie des infections bactériennes sévères chez le nourrisson de moins de trois mois à Mayotte. La deuxième est une étude descriptive, datant de 2019, des infections communautaires profondes à Staphylococcus aureus et production de LPV dans le service de pédiatrie.
Résultats |
Dans la première étude, il est ressorti une inhabituelle et majoritaire prévalence d'infection invasive à staphylocoque aureus sécréteur de LPV par rapport à la métropole, dans les infections sévères du nourrisson de moins de 3 mois.
Dans la seconde étude, ont été décrites 47 infections à SA dont 40 avec production de LPV (90 % sur 44 recherches de la toxine): 12 infections pleuropulmonaires, 5 infections ostéoarticulaires, 7 infections communautaires des tissus mous, et 16 infections systémiques disséminées. La majorité était méticilline sensible. Les cas graves de décès n'ont concerné que les germes sensibles (3 décès). Les formes disséminées décrites sont des formes très sévères avec de nombreuses complications et une durée d'hospitalisation prolongée (6 % de séquelles, 18,75 % d'EVASAN et 12,5 % de décès). Dans de nombreux cas, la simple antibiothérapie ne suffit pas à éviter une évolution péjorative et la nécessité d'un drainage des collections, chirurgical ou non, est souvent nécessaire. La comparaison à la littérature montre que les infections à SA producteur LPV sont des infections sévères, largement plus fréquentes à Mayotte que dans les autres départements de France. La mortalité est cependant moins importante, peut-être grâce à une immunité forte sur l’île.
Discussion |
Par la présentation de ces résultats, nous avons voulu insister sur la nécessité d’être vigilants aux tableaux infectieux sévères chez l'enfant à Mayotte et d'agir précocement en visant le staphylocoque aureus, en débutant rapidement une antibiothérapie adaptée. En effet, du fait de sa gravité et de sa prévalence étendue dans tous les types d'infections à Mayotte, la pathologie à SA avec toxine LPV ne doit vraiment pas être négligée.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : staphylocoque aureus, Leucocidine de Panton Valentin, fièvre du nourrisson
Vol 4 - N° 1S
P. S14 - février 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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