Etude épidémiologique et clinique des envenimations scorpioniques au CH Cayenne. Etude descriptive, rétrospective et monocentrique de 2003 à 2019 - 13/12/24
Résumé |
Introduction |
La Guyane est une des zones les plus touchées par les envenimations par piqûres de scorpion dans le monde. L'incidence de cette pathologie, probablement sous-estimée, est de 90 envenimations pour 100 000 habitants par an. Elle est étroitement liée aux conditions climatiques et à la capacité d'adaptation des différentes espèces de scorpions. Des anti-venins sont actuellement disponibles dans certains pays. La Guyane en est actuellement dépourvue. Nous avons conçu cette étude pour déterminer les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, environnementales, et thérapeutique des envenimations scorpioniques (ES) en Guyane et discuter l’éventuel intérêt d'un anti-venin.
Méthode |
Étude observationnelle rétrospective épidémiologique et monocentrique menée au CH Cayenne. Les données sont extraites des dossiers médicaux des patients admis aux Urgences du CH Cayenne pour piqûre par scorpion.
Résultats |
Durant ces 17 années de recueil, du janvier 2003 à décembre 2019, nous avons colligé 19 à 50 consultations par an pour ES. C'est en avril et mai qu'il y a eu le plus d'accidents. Le sex ratio (M/F) était de 1,5. L’âge moyen était de 35 ans. Les piqûres intéressaient les membres supérieurs ou les membres inférieurs dans 558 cas (96 %). Seulement 101 dossiers (16,4 %) renseignaient l'espèce du scorpion. Tityus obscurus était représenté dans 87 cas (14,2 %). Aucun cas d'hyperthermie n'a été retrouvé. Cliniquement, 47 patients (7,6 %) ont présenté des signes neurologiques, 22 (3,6 %) ont présenté des signes respiratoires avec une hypoxémie. Des signes digestifs ont été retrouvés chez 32 patients (3,6 %). Seulement, 2 patients (0,3 %) ont présenté des signes de choc. Un bilan biologique a été prélevé chez 250 patients (40,7 %). Une hyperleucocytose était présente chez 31 patients (5,0 %), 30 patients (4,9 %) ont présenté des troubles de la coagulation et 9 ont présenté une insuffisance rénale aiguë (1,5 %). On a retrouvé 1 cas de pancréatite (0,2), 26 cas de cytolyse hépatique (4,2 %) et 52 cas de cholestase (8,4 %) ont été répertoriés. Une élévation des BNP a été retrouvée chez 8 patients (1,3 %), une élévation de la troponine chez 3 patients (0,5 %) et une élévation de la myoglobine chez 11 patients (1,8 %). Par ailleurs ; ont été enregistrées 14 cas d'hyperglycémie (2,3 %) mais aucun cas d'hypoglycémie. On a pu enregistrer 8 cas de rhabdomyolyses (1,3 %) et 13 cas d'acidoses lactiques (2,1 %). Aucun cas d'hyperkaliémie n'a été recueilli. Concernant les troubles ioniques, on a retrouvé 30 cas d'hypokaliémie (4,9 %), 12 cas d'hypercalcémie (2,0 %) et 15 cas d'hypocalcémie (2,4 %). L'utilisation des antalgiques a été le principal traitement. Seulement 104 patients se sont vus hospitalisés et 92,3 % des cas graves (classe 3) étaient des enfants de moins de 15 ans (p < 0,005).
Conclusion |
Les piqûres de scorpion touchent principalement les adultes avec un âge moyen de 35 ans. La tranche d’âge la plus touchée par les envenimations graves (Classe 3) concerne les moins de 15 ans. L'accessibilité d'un anti-venin pour les envenimations des enfants pourrait être envisagé. Une prise en charge hospitalière pour les enfants semble indispensable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 3 - N° 4S
P. S9-S10 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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