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Complications materno-fœtales et néonatales de l’usage de cocaïne pendant la grossesse : données du Réseau français d’addictovigilance - 24/11/24

Doi : 10.1016/j.therap.2024.10.038 
Charlène Aïn 1, Céline Eiden 1, Margot Lestienne 1, Hélène Peyrière 1,
le

Réseau français des centres d’addictovigilance2

1 Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance, CHU de Montpellier, 34000 Montpellier, France 
2 Réseau français des centres d’addictovigilance: A Daveluy (Bordeaux), R Leboisselier (Caen), N Fouilhe (Grenoble), C Chevalier (Lyon), C Lacroix (Marseille), M Gerardin (Nantes), A Batisse (Paris), E Bouquet (Poitiers), E Jouanjus (Toulouse) 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’exposition prénatale à la cocaïne/crack est associée à des risques bien établis [prématurité, petits poids de naissance, retards de croissance intra-utérin (RCIU)] [1, 2]. L’analyse des données OPPIDUM chez les femmes enceintes a montré une augmentation significative de la consommation de cocaïne (y compris crack) entre 2005 et 2018 (4,7 % vs 14,3 %, p=0,0384) [3]. L’objectif de cette étude était de décrire les données du réseau d’addictovigilance dans ce contexte.

Matériel et méthodes

Les notifications d’addictovigilance concernant les complications liées à l’usage de cocaïne/crack pendant la grossesse, sur la période 01/04/2021–31/03/2024 ont été analysées.

Résultats

Sur la période, 50 femmes enceintes ont été incluses (2021 : 12, 2022 : 19, 2023 : 18, 2024 : 1). L’âge médian était de 31±6 ans (min–max : 18–41). Pour 36 % (18/50), un antécédent médical était relevé : psychiatrique dans 72 % (13/18) des cas, gynécologique dans 33 % (6/18) des cas. La cocaïne était consommée sous l’appellation « poudre » dans 75 % (38/50) des cas et « crack » dans 33 % (17/50). Quatre femmes consommaient les deux. La consommation de cocaïne a été confirmée par analyse toxicologique des urines de la mère dans 42 % (21/50) des cas. Les consommations concomitantes étaient du cannabis 29/50 (57 %), de l’alcool 14/50 (27,5 %) et un opiacé 25/50 (50 %) : méthadone 14/50 (27,5 %), héroïne 7/50 (14 %), buprénorphine 4/50 (8 %). Les événements materno-fœtaux principaux étaient : une rupture prématurée des membranes [8 % (4/50)] et des malformations congénitales (2/50) dont une ayant entraîné une interruption médicale de grossesse. Les événements fœtaux correspondaient à : une anomalie du rythme cardiaque fœtal [20 % (10/50)], un RCIU [18 % (9/50)], une hypotrophie fœtale [12 % (6/50)] et 1 décès in utero dû à une dysfonction endothéliale chez la mère (CIVD). Les évènements néonataux étaient : un syndrome de sevrage dans 33 % (17/50) des cas, dont 11 avec exposition associée à un opioïde et 6 à du cannabis. En période néo-natale, les événements suivants ont été observés : 1 épisode de convulsions et 2 décès résultant de polyconsommations.

Conclusion

Les complications rapportées sont similaires à celles mentionnées dans les méta-analyses précédemment réalisées. Cet état des lieux est marqué par des données manquantes, un manque de précision sur l’usage (quantité prise, voie d’administration…) tout au long de la grossesse, une proportion de polyconsommation importante. Dans ce contexte, il est donc primordial de repérer précocement, d’intervenir et d’accompagner pour limiter l’exposition pendant cette période.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Cocaïne, Grossesse, Complications: Addictovigilance


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Vol 79 - N° 6

P. 757 - novembre 2024 Retour au numéro
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  • Augmentation de la consommation de cocaïne basée : principales caractéristiques des usagers et des consommations à partir des résultats de l’enquête OPPIDUM (2019–2023)
  • Clémence Lacroix, Elisabeth Jouve, Liselotte Pochard, Céline Eiden, Joëlle Micallef, Réseau français des centres d’addictovigilance
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