Cluster de dermatophytoses à Trichophyton mentagrophytes génotype ITS VII lié à un masseur tantrique en population HSH - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
Trichophyton mentagrophytes génotype ITS VII (TM7) a récemment été décrit comme l’agent de dermatophytoses sexuellement transmises en France chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Nous rapportons un cluster de 16 cas secondaires à des massages tantriques réalisés par le cas index infecté à TM7.
Matériel et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique rapportant les données cliniques et mycologiques de 17 patients du cluster. Tous les patients ont donné leur consentement écrit pour la publication de leurs données cliniques et biologiques.
Résultats |
Le patient index était un HSH de 29 ans, ayant un antécédent de mpox en 2022. Il pratiquait des massages qualifiés de tantriques à des hommes, ses clients et lui-même étant nus. Alors qu’il présentait une dizaine de lésions dermatophytiques, il a massé 19 personnes dont 18 ont développé des lésions similaires aux siennes (taux d’attaque : 94,7 %). Parmi les 40 clients massés dans les 3 semaines précédant l’apparition des lésions chez le masseur, au moins 3 ont développé des lésions identiques. Le colocataire du masseur qui partageait occasionnellement sa serviette mais n’avait aucun contact corporel direct avec lui présentait également une lésion du dos.
Le prélèvement mycologique du masseur était positif à TM7. La guérison a été obtenue après un mois de terbinafine orale. À la reprise du travail après disparition des lésions, aucun nouveau cas secondaire n’a été détecté.
Sur 23 cas secondaires potentiels, 16 ont été vus en consultation. Tous étaient des HSH, d’un âge médian de 41 ans. Le délai médian entre le massage et les premiers symptômes était de 14,5 jours. Les lésions étaient majoritairement sur les fesses (n=13) et les cuisses (n=14) ; 11 patients présentaient plus de 10 lésions, 2 des lésions nodulaires et un autre un kérion. Sur 16 patients prélevés, 15 étaient positifs à T. mentagrophytes, TM7 étant identifié pour les 14 isolats séquencés.
Seize patients ont reçu de la terbinafine orale pendant une durée médiane de 45,5 jours. Parmi les 9 patients prélevés car toujours symptomatiques après 21 à 28 jours de traitement, 4 avaient toujours des cultures positives à T. mentagrophytes.
Discussion |
Cette série confirme le potentiel épidémique de TM7 chez les HSH. La survenue de cas secondaires chez des clients massés avant même l’apparition des lésions chez le masseur suggère une contagiosité pendant la période d’incubation. La persistance de cultures positives après un mois de traitement témoigne de la contagiosité qui perdure sous terbinafine et plaide pour une durée de traitement prolongée. La transmission de dermatophytes au cours de massages est inédite.
Conclusion |
En raison du risque épidémique des infections à TM7, un prélèvement mycologique avec au mieux une identification moléculaire du dermatophyte et un suivi dermatologique prolongé doivent être systématiquement proposés en cas de dermatophytose chez un patient HSH.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A240-A241 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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