Dermatophytoses à Trichophyton mentagrophytes de génotype VII : une IST émergente de présentation clinique polymorphe - 15/11/24
Résumé |
Introduction |
Trichophyton mentagrophytes a longtemps été considéré comme un dermatophyte zoophile. Cependant, plusieurs publications récentes ont décrit une transmission sexuelle interhumaine de T. mentagrophytes. En 2019, un nouveau génotype de T. mentagrophytes (génotype VII : TMVII) a été identifié à Berlin, responsable d’une épidémie de dermatophytoses pubiennes et génitales sexuellement transmises touchant les hommes et les femmes. En 2021–2022, une épidémie de TMVII a été signalée chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) à Paris.
Nous décrivons ici une nouvelle série de patients atteints d’infection à TMVII, caractérisée par un large spectre de présentations cliniques.
Matériel et méthodes |
Du 1er mai 2022 au 15 juin 2024, nous avons observé 21 patients adultes atteints d’infections à T. mentagrophytes et étudié leurs caractéristiques cliniques et démographiques. Lorsque cela était possible, le séquençage de la région ITS1–5.8S-ITS2 de l’isolat a été réalisé pour confirmation de l’espèce et détermination du génotype.
Résultats |
Sur les 21 cas, 9 ont été diagnostiqués en cabinet privé et 12 dans un hôpital universitaire. Parmi les patients, 20/21 étaient des hommes et l’âge moyen était de 35 ans [23–52]. Tous les patients de sexe masculin ont déclaré avoir des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Cinq patients (23,8 %) vivaient avec le VIH (tous avec une infection contrôlée sous traitement anti-rétroviral) et 12 patients (57,1 %) étaient sous prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP). Tous les isolats testés (10/10) appartenaient au génotype VII de T. mentagrophytes.
La présentation clinique était très polymorphe. Le nombre de lésions variait d’une à plus de 10. Certaines étaient des plaques érythémato-squameuses considérées à tort comme de l’eczéma ou du psoriasis et 10 patients avaient reçu des dermocorticoïdes avant la consultation (45,5 %). Le spectre des présentations cliniques comprenait des lésions squameuses, folliculaires pustuleuses ou alopéciantes, des papules ou des nodules inflammatoires voire suppurés. La topographie des lésions variait également: si la majorité des patients présentaient au moins une localisation inguino-génito-glutéale (12/21 ; 57,1 %), d’autres n’avaient que des lésions céphaliques (5/21 ; 23,8 %) ou corporelles (4/21 ; 19 %).
Le prurit était le principal symptôme associé (14/21 ; 66,7 %) mais des douleurs étaient également souvent rapportées (9/21 ; 42,8 %). Aucun patient n’a toutefois nécessité une hospitalisation pour gestion de la douleur.
Discussion |
Cette étude met en évidence la diversité clinique des dermatophytoses sexuellement transmises à TMVII, de topographie parfois extra-génitale, et confirme leur émergence principalement chez les HSH.
Conclusion |
Toute lésion cutanée acquise chez un patient HSH, notamment vivant avec le VIH ou sous PrEP, doit faire envisager une infection à TMVII, qu’elle soit érythémateuse, squameuse, pustuleuse ou nodulaire, et quelle que soit sa localisation y compris extra-génitale.
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Vol 4 - N° 8S1
P. A237 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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