Étude prospective monocentrique comparant l’effet du bilan comparatif des médicaments proactif et rétroactif sur les divergences médicamenteuses non intentionnelles dans le service des urgences - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La lutte contre la iatrogénie médicamenteuse commence par la pharmacie clinique. La réalisation de conciliations médicamenteuses (CM), notamment proactives, prévient l’apparition d’erreurs médicamenteuses. Nous avons mis en place une activité de CM proactive pour des patients cibles au service des urgences.
Objectifs |
Notre étude a pour but de mettre en évidence un taux de divergences non intentionnelles (DNI) plus faible à l’issue d’une CM proactive que rétroactive. Dans un deuxième temps nous avons évalué l’impact médicoéconomique des DNI relevées, l’efficience de notre travail, et la satisfaction du personnel médical.
Méthode |
Sur une période de 4 mois (janvier–avril 2021), des CM proactives ont été réalisées au service des urgences par des pharmaciens pour des patients âgés de plus de 65 ans polymédiqués et/ou des patients de plus de 75 ans restants hospitalisés. Un groupe témoin (GT) a été constitué avec des patients répondants aux même critères. Les patients du GT ont bénéficié d’une CM rétroactive le lendemain. Nous avons comparé le taux de DNI entre les deux groupes. À la suite de leur analyse descriptive relevée sur l’ensemble des patients, nous avons procédé à une cotation clinique, économique et organisationnelle des DNI à l’aide de 2 médecins. Une analyse de la ré-hospitalisation à 1 et 3 mois et de l’efficience de notre activité a également été réalisée. Pour évaluer la satisfaction auprès des médecins, un questionnaire leur a été distribué.
Résultats |
Nous notons un taux plus faible de DNI dans le groupe proactif (PA), avec une moyenne de DNI/patient de 0,44 pour le groupe PA contre 1,18 pour le groupe rétroactif (RA) (p<0,0001). Concernant l’impact clinique, les cotations sont les suivants : 63 % des DNI ont été cotées comme mineures, 23 % comme significatives, 12 % comme majeurs et 2 % comme critiques. L’analyse économique des coûts directs engendré par les DNI met en évidence un surcoût moyen/patient de 74,76€, ce qui est plus élevé que le prix d’une CM (58€). Le taux de patients conciliés/conciliables est de 29 %, et aucune ré-hospitalisation à 1 et 3 mois n’a été rapportée. Le questionnaire de satisfaction révèle que la quasi-majorité des praticiens pensent que la CM sécurise le parcours patient et fait gagner du temps médical. De janvier à octobre 2023, avec une présence de 5 demi-journées par semaine, huit cents patients ont bénéficié d’une CM PA.
Discussion/Conclusion |
La CM participe à la réduction de la iatrogénie médicamenteuse. Elle permettrait également de réduire le surcoût engendré par la iatrogénie. Le manque d’information de certains praticiens vis-à-vis de la CM reste encore un frein à son déploiement. Cependant, une ouverture avec une nouvelle organisation est en cours dans nos services de médecine polyvalente, après sollicitation de l’équipe médicale. La création d’un e-learning permettrait de faire connaître cette activité.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Erreur médicamenteuse, Pratique de pharmacie, Service d’urgence
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e197 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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