Analyse des 200 premières interventions pharmaceutiques dans une pharmacie d’officine avec l’outil Act-IP officine© - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Depuis novembre 2021, la Société française de pharmacie clinique a mis à disposition des pharmaciens d’officine la base de données Act-IP Officine© dans le but de documenter et valoriser les interventions pharmaceutiques (IP) réalisées.
Objectifs |
L’objectif principal de notre travail était de décrire et d’analyser les 200 premières IP saisies dans l’outil Act-IP Officine© au sein d’une officine.
Méthode |
Il s’agit d’une étude monocentrique basée sur les données saisies du 20/09/2021 au 8/09/2022. Les IP ont été enregistrées par une équipe officinale composée de 4 pharmaciens et d’une étudiante en 4e année de pharmacie. Toutes les données ont été anonymisées. L’analyse de l’ensemble des données a été réalisée en aveugle par une étudiante en 6e année de pharmacie. À l’aide de l’échelle CLEO, les cotations des impacts cliniques, organisationnels et économiques ont été réalisées individuellement par ceux ayant enregistré l’IP. Par la suite, les impacts cliniques et organisationnels ont été revus par l’étudiante en 6e année de pharmacie et deux pharmaciens extérieurs à l’officine.
Résultats |
Parmi les 200 IP réalisées, 114 (57 %) ont concerné des femmes. Les principales IP se sont concentrées chez les patients de moins de 15 ans et de plus de 66 ans (66 %). L’ensemble des pharmaciens adjoints, titulaires et étudiants ont participé respectivement à 59 %, 37 % et 4 % des IP. Quatre-vingt-sept pourcent des IP ont concerné des prescripteurs en ville dont 74 % de médecins généralistes. Les principales problématiques identifiées ont été les contre-indications (31 %) et les problèmes de posologie (30 %). Des changements de médicament représentent 50 % des IP et les adaptations posologiques 34 %. Soixante-six pourcent des IP ont été acceptées par les prescripteurs, 24,8 % par les patients sans contact avec le prescripteur. L’impact clinique a été jugé par ceux qui ont enregistré l’IP comme majeur dans 14,5 %, moyen dans 33 %, mineur dans 19 % et nul dans 9 % des cas. Les coûts étaient augmentés dans 39,5 %, diminués dans 23,5 %. L’impact organisationnel était évalué comme nul pour 58,5 % des IP, favorable pour 20 % et défavorable pour 20 %. Les médicaments anti-infectieux étaient les plus impliqués dans les IP (44 %). Cinq IP ont concerné le ritonavir/Nirmatrelvir et 33 IP des vaccins. L’obtention du débit de filtration glomérulaire a permis la réalisation de 9 IP. Pour l’évaluation de l’impact clinique et organisationnel, des discordances entre le pharmacien saisisseur et les évaluateurs ont été retrouvées.
Discussion/Conclusion |
Les résultats de notre étude montrent qu’au sein d’une équipe pharmaceutique officinale, il est faisable d’intégrer le recueil informatique et l’analyse des IP. Il nous paraît également nécessaire d’homogénéiser l’évaluation de l’impact clinique et économique des IPs pour faciliter leur analyse et leur valorisation. Ce travail montre également une collaboration réussie entre médecins et pharmaciens en vue d’apporter les meilleurs soins pharmaceutiques aux patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Ordonnances/statistiques et données numériques, Pharmacien, Services des pharmacies communautaires
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e118 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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