Impact de la positivité des auto-anticorps antinucléaires sur la réponse aux anti-TNF chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques intestinales - 08/06/24
, M. Leila, H. Gdoura, S. Mahmoudi, M. Moalla, M. Boudabous, L. Chtourou, A. Amouri, T. NabilRésumé |
Introduction |
La présence d’auto-anticorps antinucléaires (AAN) lors du bilan préalable à l’administration des anti-TNF chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) suscite un débat quant à son impact sur la réponse thérapeutique. Certaines études ont suggéré une réduction de l’efficacité des anti-TNF chez les patients présentant des AAN positifs, tandis que d’autres n’ont pas établi de corrélation significative.
Patients et méthodes |
Nous avons réalisé une étude rétrospective et analytique incluant 116 patients suivis pour une MICI et traités par biothérapie. Les données épidémiologiques, caractéristiques de la MICI, paramètres biologiques, endoscopiques, ainsi que la calprotectine fécale ont été recueillis. Les AAN ont été recherchés au bilan pré-anti-TNF. L’évaluation thérapeutique a suivi la stratégie STRIDE-II. L’analyse de corrélation entre la positivité des AAN et la réponse aux anti-TNF a été effectuée.
Résultats |
116 patients ont été inclus. Le sex-ratio (F/H) était de 1,36. L’âge moyen au moment d’introduction des anti-TNF était de 30,94±12,21 ans. 70,7 % des patients avaient une maladie de Crohn (MC) et 29,3 % avaient une RCH. La localisation iléocolique était la plus fréquente (50,0 %). Les manifestations extra-intestinales étaient présentes chez 13,8 % des patients. 19,8 % des patients étaient des fumeurs actifs. L’introduction des anti-TNF était motivée par une réponse inadéquate aux traitements conventionnels dans 32,8 %, des manifestations Ano périnéales dans 30,2 % et un phénotype fistulisant dans 14,7 %. L’infliximab était le plus prescrit (88,8 %), en association avec la combothérapie dans 77,6 %. La durée moyenne de suivi était de 42,48 mois. Les auto-anticorps antinucléaires (AAN) ont été recherchés lors du bilan préalable à l’administration d’anti-TNF chez 95 d’entre eux, représentant ainsi 81,9 % de la cohorte. Parmi ces patients, 32,8 % étaient positifs pour les AAN. L’analyse de corrélation entre la positivité des AAN et la réponse aux anti-TNF a été effectuée comme suit : Pour l’ensemble des patients atteints de MICI : La non-réponse primaire n’était pas significativement associée à la positivité des AAN (p=0,173). De même, il n’y avait pas de corrélation significative entre la positivité des AAN et la perte de réponse secondaire (p=0,089). Lorsque nous avons stratifié les résultats par groupe de maladie : Pour le groupe RCH, la positivité des AAN n’était pas significativement associée à la non-réponse primaire (p=0,318) ou à la perte de réponse secondaire (p=0,432). De même, pour le groupe de patients atteints de maladie de Crohn, la positivité des AAN n’était pas significativement associée à la non-réponse primaire (p=0,418) ou à la perte de réponse secondaire (p=0,144).
Conclusion |
Notre étude ne soutient pas l’hypothèse selon laquelle la positivité des auto-anticorps antinucléaires (AAN) peut prédire de manière fiable la réponse aux anti-TNF chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). Ces résultats soulignent la complexité de la réponse thérapeutique dans cette population et appellent à des investigations supplémentaires pour comprendre les facteurs influençant l’efficacité des traitements biologiques dans les MICI.
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Vol 45 - N° S1
P. A268-A269 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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