Infections urinaires masculines à Enterococcus faecalis - Enquête nationale. - 29/05/24
Résumé |
Introduction |
Le traitement des infections urinaires masculines à E. faecalis (IUMEf) est mal codifié. L'objectif de cette enquête est de dresser un panorama des habitudes de prescription des infectiologues sur l'usage des différents antibiotiques dans cette indication.
Matériels et méthodes |
Un questionnaire Google Forms a été diffusé par mail, sans relance, via deux listes de diffusion d'infectiologues français (Infectioflash et le RéJIF) entre décembre 2023 et janvier 2024. Le recueil était anonyme.
Résultats |
Le questionnaire a été rempli par 203 infectiologues provenant de 59 départements différents. Le nombre d'années d'exercice variait : > 20 ans (n=20 ; 10%) ; 11-20 ans (37 ; 18%) ; 4-10 ans (71 ; 35%) ; < 3 ans (57 ; 28%) ; interne non thèsé (16 ; 8%). Parmi les répondants, 199 (98%) déclaraient traiter ≥ 1 IUMEf par 6 mois et 76 (38%) plus de 1 par mois.
En présence de fièvre et d'un ECBU positif à E. faecalis mais sans point d'appel clinique, une abstention thérapeutique est préconisée par 130 (64%) des répondants en cas de leucocyturie < 10^4/mL ; 97 (48%) en cas de bactériurie < 10^4 UFC/mL ; 101 (50%) devant un ECBU polymicrobien, et 102 (51%) en présence d'une sonde vésicale.
Pour 174 (86%), le traitement de première intention des IUMEf est l'amoxicilline (AMX). En cas d'allergie aux pénicillines, 104 (51%) prescrivent du linézolide (LNZ) en première intention et 78 (38%) une fluoroquinolone (FQ).
L'AMX a déjà été prescrite dans cette indication par 197 (97%) des répondants, 146 (72%) ont déjà prescrit le LNZ et 125 (62%) une FQ. L'utilisation des FQ est estimée « Probablement pas » à « Certainement pas » pertinente dans les IUMEf par 74 (37%), contre 19 (9%) avec le LNZ et 7 (3%) avec l'AMX (p < 0.001).
Parmi ceux favorables à l'utilisation de l'AMX (n=195), la posologie orale privilégiée est de 80-100 mg/kg/j (équivalent à 6 g/j) pour 144 (74%) ; 42 (22%) auraient prescrit moins. En l'absence de bactériémie associée, seuls 22 (11%) estiment qu'un traitement par AMX IV de 3 jours est nécessaire à la phase initiale.
Parmi ceux favorables à l'utilisation des FQ (n=117), la levofloxacine est de loin la plus utilisée (111 ; 95%), puis vient la moxifloxacine (29 ; 25%), puis la ciprofloxacine (15 ; 13%).
La majorité prescrit 14 jours de traitement. Toutefois, une durée de 21 jours est préférée en cas de traitement par AMX pour 29% (56/195), contre 17% (31/177) avec le LNZ et 3% (3/117) avec une FQ (p < 0.001).
Les alternatives thérapeutiques susceptibles d'être utilisées dans les IUMEf sont la vancomycine (101/190 ; 53%), la teicoplanine (81 ; 43%) et le cotrimoxazole (34 ; 18%).
En cas d'infection urinaire masculine sans fièvre ni syndrome inflammatoire, le traitement serait plus court pour 152 (75%) et 71 (35%) utiliseraient d'autres molécules, notamment la fosfomycine-trometamol ou la nitrofurantoïne (48/67 ; 72%).
Conclusion |
L'AMX est la molécule privilégiée par les infectiologues ayant participé à cette enquête pour le traitement des IUMEf. L'usage du LNZ est répandu dans cette indication comme celui des FQ, en particulier la levofloxacine, mais de façon moins consensuelle. L'enquête met en évidence des pratiques hétérogènes, ce qui suggère que de nouvelles données cliniques sont nécessaires.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 3 - N° 2S
P. S99-S100 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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