Addiction au travail : facteurs de risque et maintien professionnel - 19/05/24
Résumé |
Introduction |
Le workaholisme ou addiction au travail est un investissement excessif dans les activités professionnelles, s’accompagnant d’une présence abusive sur le lieu de travail et de la recherche frénétique de la performance ou de la productivité. Dans ce travail, nous proposons d’évaluer les différents facteurs de risque de l’addiction au travail selon le secteur d’activité.
Méthodologie |
Notre étude a été menée auprès de 102 salariés appartenant à 3 secteurs d’activité différents : 34 médecins de travail, 34 avocats et 34 ingénieurs et techniciens supérieurs affectés dans le département de data management dans une entreprise de fabrication de poches d’alimentation parentérales (secteur biomédical). Il s’agissait d’une étude épidémiologique analytique transversale basée sur une entrevue avec un questionnaire explorant les données socioprofessionnelles du travailleur. L’addiction au travail a été évaluée par le WART test.
Résultat |
L’âge moyen était de 36ans (ET=8,6). Le sexe ratio global de la population d’étude était de 0,6. Quarante-neuf pour cent (49 %) des participants à l’étude étaient mariés avec un nombre d’enfants à charge variant de 0 à 4 enfants. L’ancienneté professionnelle médiane était de 4ans [3 IIQ25 % ; 10 IIQ75 %]. La moyenne de nombre d’heures hebdomadaires de travail était de 44,2±8,3. Le tiers de notre population jugeait que leur charge mentale était forte (34,4 % ; n=35). Quarante-trois virgule un pour cent (43,1 %) des participants répondaient aux critères d’addiction au travail : 67,6 % des avocats, 32,3 % des ingénieurs et techniciens supérieurs et 29,4 % des médecins de travail étaient en addiction au travail. Le score d’addiction au travail était significativement plus élevé chez les avocats (p=0,007).
Le modèle de régression linéaire, du score d’addiction au travail était composé de l’âge (p=0,003), du genre (p=0,026), des antécédents (p=0,001) et du nombre d’heures hebdomadaires de travail (p=0,002), il a expliqué la variation de 31,1 % du score. Aucun aménagement spécifique du poste de travail n’a été indiqué pour les travailleurs présentant un score élevé d’addiction au travail dans notre étude. Des séances de sensibilisation en collaboration entre le médecin de travail et le psychiatre ont été proposées ainsi que des formations en gestion de temps.
Conclusion |
L’addiction au travail est un problème majeur dont la résolution implique un processus de prise en charge multidisciplinaire. Une démarche concertée de réduction des risques psychosociaux est nécessaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Aptitude, Travail, Addiction
Plan
Vol 85 - N° 2-3
Article 102101- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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