Facteurs associés à la contamination interne des infirmières par des médicaments anticancéreux - 19/05/24

Résumé |
La contamination interne des professionnels de santé par les médicaments anticancéreux (MAC) reste un problème actuel de santé au travail, notamment parce que ces composés sont classés dangereux à manipuler par le NIOSH et certains comme agents CMR par le CIRC et la FDA. Afin d’améliorer les actions de prévention, une étude des facteurs associés à cette contamination interne a été menée auprès du personnel infirmier de deux établissements de soins.
Cette étude est une étude observationnelle transversale menée auprès des infirmières de deux hôpitaux français. La contamination interne de chaque infirmière a été évaluée à l’aide d’une biométrologie urinaire et a été définie par la détection ou non d’au moins un MAC étudié, dans au moins un échantillon d’urine. Trois échantillons d’urine et un auto-questionnaire ont été recueillis pour chaque participant. L’analyse de cinq MAC (cyclophosphamide, ifosfamide, métabolite du 5-fluorouracile, méthotrexate, doxorubicine) a été effectuée par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem. Un modèle multivarié de régression pas à pas descendant a été utilisé pour déterminer les facteurs associés à la contamination interne en couplant les données (sociodémographiques, tâches exposantes, port des EPI) d’un auto-questionnaire avec les données de contamination interne.
Au total, 68 infirmières ont été incluses dans ce travail : 39 infirmières avec une contamination interne par les MAC et 29 sans. Deux facteurs de protection contre la contamination interne ont pu être identifiés : (1) un « score de port de gants » élevé (OR : 0,957 ; IC95 % : 0,93–0,98 ; p<0,01) et (2) un « nombre total d’années de manipulation des MAC et/ou de soins aux patients traités avec des MAC » élevé (OR : 0,797 ; IC95 % : 0,67–0,91 ; p<0,01). En outre, trois facteurs contribuant à la contamination interne ont été identifiés : (1) « se sentir suffisamment informé sur les tâches exposant aux MAC » (OR : 9,585 ; IC95 % : 2,23–57,05 ; p<0,01), (2) « jeter une poubelle contenant du matériel utilisé pour l’administration des MAC étudiés » (OR : 8,04 ; IC95 % : 1,87–46,08 ; p<0,01) et (3) « changer les draps et/ou faire le lit d’un patient traité par un des MAC étudiés » (OR : 10,479 ; IC95 % : 1,43–133,30 ; p<0,05).
Ainsi, l’utilisation de gants lors de la manipulation directe ou indirecte des MAC et le caractère contaminant de certaines tâches devraient être pris en compte lors (1) de la mise en place d’actions de prévention dans les services de soins et (2) de la formation et de l’information du personnel exposé. Des études complémentaires seraient souhaitables pour confirmer ces résultats et les étendre à d’autres catégories professionnelles.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Médicaments anticancéreux, Contamination interne, Exposition professionnelle, Infirmière, Facteurs associés
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Vol 85 - N° 2-3
Article 102321- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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