Les enquêtes santé–travail : un apport à la santé publique - 19/05/24

Résumé |
Certaines maladies chroniques ou déficiences permettent d’avoir une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Selon Santé publique France : (1) diabète traité=5,4 % en 2021 ; (2) symptômes évocateurs d’un syndrome d’apnées du sommeil=4,9 % en 2011 ; (3) en 2022 : signes d’un état dépressif (18 %) ou anxieux (26 %) ; problèmes de sommeil (71 %). L’INSERM cite 1 % d’amblyopes et 2 % de strabiques dans une classe d’âge en 2002 et un adulte sur quatre serait concerné par une forme de déficience auditive en 2022. Notre enquête pluridisciplinaire sous la forme d’un questionnaire volontaire et anonyme (10 questions avec réponse binaire [oui ou non] ou à choix multiple) proposée aux salariés (n=346) vus en visite périodique entre septembre et novembre 2023 dans un centre interentreprises parisien retrouve : 3 % de salariés déclarent avoir une RQTH et dont 0,6 % ne l’ont pas déclaré à leur entreprise ; 10 % de salariés n’ayant pas de RQTH déclarent avoir besoin d’un aménagement (ergonomique…) de leur situation de travail. Ces sous-déclaration et sous-reconnaissance de la RQTH sont connues. Le traitement statistique de cette enquête a été réalisé avec le logiciel Epi Info™ 7. On constate que : (1) 5 % des salariés pensent ne pas être en bonne santé et le sex-ratio femme/homme est d’un facteur quatre et plus de 50 % de ces salariés ont moins de 45 ans ; (2) 25 % déclarent être stressés par leur travail et en termes de durée : 40 % (stress entre 1 et 6 mois) en 2023 versus 38 % en 2017 ; 36 % (>6 mois) versus 44 % en 2017 ; 24 % (<1 mois) versus 18 % en 2017 ; (3) 25 % déclarent avoir eu au moins un arrêt maladie au cours de ces 12 derniers mois. Dans nos 2 enquêtes de 2019 et de 2017, les salariés ont déclaré avoir consommé au cours des 7 derniers jours : (1) tabac (43 % en 2019 versus 35 % en 2017) ; (2) alcool (34,4 %) ; (3) médicaments psychotropes [anti-dépresseurs, somnifères, et/ou anxiolytiques] (9,2 % vs 3,3 % en 2017) ; (4) drogues [cannabis, etc.] (7,3 % vs 2,9 % en 2017) ; 5) 25 % ont déclaré dormir moins de 6heures par nuit (H/N) dont 4,9 % moins de 5 H/N. Moins de 20 % ont déclaré dormir plus de 7 H/N. Dormir trop peu impacte sur la santé–sécurité au travail : risques de troubles métaboliques, du sommeil, de la santé psychique, de burnout, de maladies coronariennes et/ou d’accidents du travail. Les enquêtes santé–travail régulières permettent de suivre certains déterminants de santé de la population active et d’agir via différents leviers (promotion et éducation pour la santé, prévention) promus par la santé publique et de répondre au 4e Plan santé au travail qui vise à mieux coordonner et rendre plus accessibles les actions de prévention de la désinsertion professionnelle et du maintien en emploi.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Mode de vie et comportements, Conditions de travail, Déterminants de santé, Prévention désinsertion professionnelle et maintien en emploi, Santé publique
Plan
Vol 85 - N° 2-3
Article 102305- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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