Situations de handicap : appréciations du travail et des aménagements proposés - 19/05/24
Résumé |
Introduction |
Les salariés en situation de handicap bénéficient d’une attention particulière en santé au travail. Les objectifs de cette enquête sont de mieux connaître leur vécu au travail et leur appréciation de l’aménagement de poste éventuellement réalisé.
Matériel et méthodes |
Le questionnaire Evrest est utilisé avec 3 questions complémentaires : pathologie à l’origine du handicap, nécessité d’aménager le poste et satisfaction de l’aménagement. Sont concernés les salariés vus en entretien périodique de santé au travail ayant une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). L’étude se déroule, entre novembre 2017 et mars 2020, dans un centre médical d’un SPSTI de Moselle (57) composé de 3 médecins et de 3 infirmières. Les réponses des salariés RQTH sont comparées à celles des salariés de l’échantillon Evrest du même centre médical vus sur la même période (population de référence) en tenant compte de l’âge et du genre.
Résultats |
L’échantillon se compose de 152 salariés RQTH (58 % d’hommes, 48 ans d’âge médian, 81 % d’employés-ouvriers). Leurs caractéristiques socioprofessionnelles diffèrent de celles de la population de référence. La pathologie à l’origine du handicap concerne l’appareil locomoteur pour 58 % des cas et 44 % des postes requièrent un aménagement. Comparativement à la population de référence, les salariés RQTH sont plus souvent à temps partiel (OR=2,2 [1,4–3,5]) et déclarent moins souvent devoir dépasser les horaires en raison de la charge de travail (OR=0,6 [0,4–0,9]). Leurs appréciations du travail sont plus souvent négatives (ex : difficultés d’entraide [OR=2,2 (1,4–3,6)], peur de perdre son emploi [OR=2,3 (1,4–3,9)]). De même, les contraintes physiques sont plus souvent perçues difficiles ou pénibles (ex : efforts, port de charges lourdes [OR=5,7 (2,7–12,2)], déplacements à pied [OR=3,7 (1,9–7,4)], station debout prolongée [OR=3,0 (1,7–5,2)]).
Malgré une satisfaction des aménagements évoquée dans 89 % des cas, les contraintes physiques sont toujours autant déclarées et ressenties comme pénibles. De plus, en comparaison des travailleurs RQTH sans aménagement, les tâches sont perçues comme peu riches (ex : travail ne permet d’apprendre [OR=4,2 (1,9–9,1)], travail peu varié [OR=3,1 (1,5–6,5)]).
Conclusion |
Outre un apport sur le vécu au travail des salariés ayant une RQTH, les résultats interrogent sur la prise en charge du maintien en emploi. Malgré les aménagements, il persiste des déclarations relatives à la charge physique et un appauvrissement ressenti du contenu des tâches. Cette enquête montre la nécessité de concevoir l’aménagement du poste dans toutes ses dimensions, sans se focaliser uniquement sur le handicap et d’en évaluer l’efficacité à distance.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Maintien en emploi, Aménagement de poste, RQTH, Evrest
Plan
Vol 85 - N° 2-3
Article 102327- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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