Évaluation des effets sur la santé de l’exposition aux céphalosporines dans une unité de production de médicaments génériques - 19/05/24
Résumé |
L’industrie pharmaceutique et notamment la production des céphalosporines est un secteur en plein expansion en Algérie. L’objectif de ce travail est d’évaluer les effets de l’exposition professionnelle de travailleurs d’une unité de production de céphalosporines.
C’est une étude épidémiologique descriptive transversale menée sur six mois dans une usine de production de médicaments génériques à Oran (Algérie) employant 273 travailleurs.
Les données médicales ont été recueillies d’une part par questionnaire à la recherche durant les 12 derniers mois de symptômes cutanés (prurit et rougeurs cutanés), rhinopharyngés (obstruction nasale, sécheresse et irritation de la gorge), oculaires (rougeur oculaire, larmoiements) et respiratoires (toux, expectoration, essoufflement) et d’autre part par la consultation du dossier médical de médecine du travail. Une spirométrie a été réalisée en début de poste avant toute exposition.
La population de l’étude a concerné 261 travailleurs (96 %) comprenant 138 travailleurs affectés à la production de céphalosporines sous formes de comprimés, de gélules et poudres pour suspension buvable (groupe exposé) ; et 123 travailleurs non exposés ni aux céphalosporines ni aux pénicillines produisant d’autres molécules génériques (groupe non-exposé).
Les 2 groupes sont comparables sur le plan de l’âge (31±9ans) et de l’ancienneté au poste (2±3ans). Le groupe exposé comprend plus d’hommes (60 vs 33 %) et plus de fumeurs (25 vs 18 %).
Des symptômes cutanés ont été retrouvés parmi 53 sujets exposés (38 %) contre 7 sujets non exposés (6 %). Les différences sont statistiquement significatives (p<0,000).
Parmi le groupe exposé, les symptômes rhinopharyngés (22 %), oculaires (10 %) et respiratoires (14 %) sont nettement plus fréquents, mais les différences ne sont pas significatives par rapport au groupe non-exposé.
Un peu plus de la moitié du groupe exposé (56 %) présente des troubles de la fonction respiratoire par rapport au groupe non-exposé 48 %). Le syndrome des petites voies aériennes était plus observé chez les exposés (22 %) que chez les non-exposés (16 %) mais les différences ne sont pas statistiquement significatives.
Ce travail a permis de souligner l’importance des atteintes cutanées parmi les travailleurs exposés aux céphalosporines. La principale action prioritaire serait de réduire la quantité de particules en suspension dans l’air notamment au cours des opérations de pesée, de séchage, de broyage, de mélangeage et de compression.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Industrie pharmaceutique, Céphalosporines, Exposition
Plan
Vol 85 - N° 2-3
Article 102697- mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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