Risque obstétrical lié à l’infection à trichomonas vaginalis dans une population de gestantes à Kinshasa - 09/05/24
Résumé |
Introduction |
L’infection à T. vaginalis est fréquente au cours de la grossesse et sa prévalence serait d’ailleurs sous-estimée (Davey, 2016). Sa prévalence mondiale chez les femmes enceintes varie selon les régions géographiques, entre 3,9 et 24,6 %, avec des prévalences plus élevées dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (c’est-à-dire l’Amérique latine et l’Afrique australe) (Workowski, 2015 ; Davey, 2016 ; Price, 2018 ; Teasdale, 2018 ; Van Gerwen, 2019).
Elle est associée à des complications obstétricales, telle que la rupture prématurée des membranes, l’accouchement prématuré et le faible poids de naissance comme rapporté dans de nombreuses études (Perazzi, 2010 ; Lazenby, 2013 ; Silver, 2014 ; Workowski, 2015 ; Mielczarek, 2016 ; Nateghi, 2017). Et sa survenue est associée à de nombreux facteurs, parmi lesquels l’âge maternel élevé, le faible niveau d’éducation, un statut socio-économique bas et la multiplicité des partenaires sexuels (Patel, 2018) ; l’antécédent d’IST et une hygiène intime défectueuse (Workowski, 2015). Ce sont les aspects en rapport avec les facteurs de risque et les complications de l’infection à T. vaginalis au cours de la grossesse qui font l’objet de notre préoccupation. L’absence d’évidence sur prévalence réelle de l’infection à T. vaginalis au cours grossesse, qui pourrait être élevée, ainsi que des facteurs de risque qui lui sont associés, pourrait sous-estimer son impact sur les nombreuses complications obstétricales que cette infection pourrait entraîner dans notre milieu. D’où il nous a paru opportun l’initiation de la présente étude dont l’objectif est d’étudier le risque obstétrical de l’infection à Trichomonas vaginalis dans notre milieu afin de contribuer à l’amélioration de la prévention des complications de la grossesse.
Méthodes |
Nous avons mené une étude de cohorte longitudinale (approuvée par le Comité d’Ethique de l’Ecole de Santé publique de l’Université de Kinshasa, sous le numéro d’approbation ESP/CE/14/2023) qui a porté sur une population de gestantes suivies en consultations prénatales (CPN) dans trois structures sanitaires de la ville-Province de Kinshasa, RD Congo, à savoir les Cliniques universitaires de Kinshasa (CUK), l’Hôpital Général de Référence mère et enfant Barumbu (HGR ME/Bar) et le Centre hospitalier de Kingasani (CHK). Le choix de ces structures a été motivé par leur capacité à dispenser des soins prénatals spécialisés ainsi que l’accès facile qu’elles nous ont offert. Un effectif de 240 gestantes ont été suivies, pendant une période de 10 mois, soit de février à novembre 2023, auprès de qui nous avons obtenu un consentement écrit, qui ont bénéficié d’un prélèvement vaginal au recrutement et qui ont accouché dans les structures choisies. Les données en rapport avec les caractéristiques sociodémographiques et cliniques, le résultat de la recherche de Trichomonas vaginalis à l’examen microscopique frais (wet mount microscopy), l’évolution et l’issue de la grossesse, ainsi que les données néonatales ont été recueillies à l’aide des fiches de collecte à l’issue des consultations et complétées grâce à un formulaire Google form puis un tableau Excel 2013 en a été généré pour entrer les données avant leur analyse grâce au logiciel SPSS 24. 0. Les analyses des échantillons prélevés ont été faites immédiatement, grâce au laboratoire ad hoc et le délai maximal a été de 8minutes entre le prélèvement et la lecture de l’échantillon. A été considéré comme cas d’infection à Trichomonas vaginalis tout examen microscopique direct qui a mis en évidence les parasites (trophozoïtes de T. vaginalis). Nous avons utilisé les statistiques descriptives (moyennes±écart type exprimeront les variables quantitatives et proportions ou pourcentages pour les variables qualitatives). Le test t de Student a été utilisé pour la comparaison des moyennes et le test Khi carré de Pearson, pour la comparaison des proportions. Le calcul des rapports de cotes (OR=odds ratio) a servi à l’évaluation de l’association entre d’une part les facteurs de risque identifiés et l’infection à T. vaginalis et d’autre part, entre cette dernière et les complications obstétricales survenues. La régression logistique a, quant à elle, été utilisée pour identifier les déterminants des complications relevées. La valeur de p<0,05 a été considérée comme seuil de significativité statistique.
Résultats |
(1) Flow chart : 1.fréquence de l’infection à Trichomonas vaginalis ; 2. Répartition des gestantes selon les caractéristiques sociodémographiques ; 3. Répartition des gestantes selon les caractéristiques génésiques ; 4. Répartition des gestantes selon les caractéristiques cliniques ; 5. Répartition des gestantes selon les caractéristiques cliniques et le résultat de T. vaginalis ; 6. Répartition des gestantes selon les autres découvertes microscopiques ; 7. Identification des facteurs associés à T. vaginalis ; 8. Issue obstétricale et néonatale ; Régression logistique univariée pour les facteurs de risque associés à T. vaginalis ; Régression logistique univariée pour les complications associées à T. vaginalis.
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Vol 52 - N° 5
P. 355 - mai 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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